1ère traversée solaire polaire

Pourquoi le temps passe-t-il si vite ?

Premiers essais sur l'eauL’automne est déjà là et les saisons cadencent désormais le projet Arctic Solar depuis ses premiers pas effectués au printemps dernier. Nous avançons à un rythme parfois un peu trop tranquille à mon goût, mais l’essentiel est que nous continuons d’avancer et à priori, dans la bonne direction. Les modifications faites sur le prototype ainsi que le travail de préparation effectué jusqu’à présent s’avèrent concluants. « Rome ne s’est pas faite en un jour », dit-on, alors nous continuons d’oser, nous réinventons parfois et toujours dans l’espoir de mieux réussir.

Fédérer les énergies de toutes celles et ceux qui vont permettre à ce rêve de première traversée polaire solaire de devenir une réalité n’est pas chose simple d’autant que les différents acteurs en scène actuellement se retrouvent éparpillés entre la France, la Suisse et l’Allemagne. Pas évident d’organiser les incontournables  briefings et débriefings dans ces conditions là ! Heureusement le monde moderne nous autorise des contacts fréquents et je me demande bien comment faisaient Amundsen ou même Paul-Emile Victor pour monter des expéditions de grandes envergures dans les conditions qui étaient les leurs ! Fallait-il qu’ils soient convaincus de ce qu’ils faisaient !

Certaines questions techniques restent aujourd’hui encore en suspends mais grâce aux premiers tests réalisés sur l’eau il y a une dizaine de jours, nous restons sereins. Le moteur électrique gracieusement prêté par Torqeedo s’avère répondre complètement à nos attentes, il sera donc celui qui permettra au prototype d’emprunter le Passage du Nord-Ouest au cours de l’été prochain. Pour ce qui est des batteries dont le rôle sera de stocker l’énergie produite par les panneaux solaires fabriqués par le CSEM à Neuchâtel, nous tâtonnons encore un peu et attendons avec impatience de pouvoir enfin installer à bord celles que nous semblent les plus appropriées…

Nous nous appuyons sur les quelques défis solaires qui ces dernières années ont permis à des doux dingues tels que Raphaël Domjan ou Bertrand Piccard de réaliser leurs rêves solaires, mais nous nous fions également beaucoup à notre intuition, car la première chose à garder à l’esprit dans ce chantier innovant est la réalité du terrain et dans ce domaine, l’Arctique ne ressemble en rien aux autres.

Mon énergie ainsi que mon enthousiasme restent solides comme du granit malgré les difficultés à convaincre les partenaires financiers de me rejoindre dans cette belle aventure technologique, sportive et définitivement humaine. De ce côté-là, j’espère pouvoir vous annoncer de bonnes nouvelles rapidement, alors… Suite au prochain épisode !