1ère traversée solaire polaire

Vouloir c’est pouvoir, un point c’est tout !

Ice RoadLes bonnes nouvelles tardent à venir, mais c’est le lot de toute expédition que de savoir user de trésors de patience avant d’atteindre son objectif. Les Inuit le savent bien, eux qui dépendent tant du temps et du sempiternel cycle des saisons. Leur patience va bien au-delà d’une philosophie de vie, c’est quasiment une seconde nature dans leur culture ! A leur image, je patiente donc et si parfois je ronge mon frein j’espère malgré tout chaque jour réussir à finaliser le budget ARCTIC SOLAR. Car pour l’heure, c’est bien là que le bât blesse.

Pourtant, ce n’est pas faute de me démener, car depuis la fin de l’été, je me suis retrouvée plus souvent sur les routes goudronnées qu’en mer, cumulant rencontres, rendez-vous et interviews en tout genre. Si certains jours cela me contrarie, je sais par expérience qu’il faut en passer par là et que quels que soient nos rêves, ils ne se contentent pas de notre seule bonne volonté pour aboutir.

Tout arrive à point à qui sait attendre dit-on, nous poursuivons donc notre petit bonhomme de chemin au chantier Marée Haute où le prototype continue d’évoluer. Moteur et batterie Torqeedo sont désormais installés, le bloc de commandes sera mis en place d’ici la semaine prochaine et l’espace sur les ponts arrière et avant rentabilisés au maximum pour pouvoir accueillir les 13m² de panneaux photovoltaïques.

Les essais réalisés en mer récemment nous ont permis de valider les modifications effectuées jusqu’à présent et c’est plutôt encourageant de constater que chaque pas supplémentaire est une petite bataille de gagnée. Il n’en faut pas plus pour garder le sourire et planifier sereinement la route à travers les immensités glacées du Passage du Nord-Ouest.

Pour continuer sur ma lancée, je me suis également remise à l’écriture ayant pris beaucoup de plaisir à rédiger la « Passagère de l’Arctique » sorti en mars dernier. Cet ouvrage m’a entraînée sur des chemins littéraires jusqu’à là inconnus, chemins que j’ai bien l’intention de poursuivre désormais ! La découverte de la tombe du Père Le Meur à Tuktoyaktuk, les échanges avec sa famille résidant encore en Bretagne, les témoignages émouvant des Inuvialuit l’ayant côtoyé pendant ses 40 années dans le Grand Nord m’ont réellement donné envie de mettre en mots la vie extraordinaire d’un homme qui se considérait comme très ordinaire.

L’ennui ne me guette pas encore, alors… Suite au prochain épisode !