1ère traversée solaire polaire

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Après mes traversées de l’Atlantique et du Pacifique en solitaire à l’aviron puis en Kiteboat, suivies de deux tentatives de traversée du Passage du Nord-Ouest en kayak,  j’ai décidé de repartir en solitaire et en autonomie totale sur cette route mythique au cours de l’été 2017.

Ce périple, impressionnant par son échelle mais minimaliste par ses moyens, ne peut s’entreprendre qu’au cours du bref été arctique, entre les mois de juillet et de septembre, lorsque la fonte des glaces ouvre momentanément une voie entre la Mer de Beaufort et le Détroit de Lancaster. S’il nécessite une préparation minutieuse ainsi qu’une organisation à toute épreuve, le voyage n’en reste pas moins très hasardeux car seules l’embâcle et la débâcle ainsi que les caprices d’une météo très instable cadencent le parcours et décident du chemin à emprunter pendant de longues semaines.

Au départ de Tuktoyaktuk, petit village Inuvialuit installé  sur les rives de la Mer de Beaufort, dans les Territoires du Nord-Ouest canadien, le parcours d’environ 3500 kilomètres (2000 milles nautiques) est avant tout une expédition ambitieuse et sans concession. Dans ces régions isolées en effet, la moindre erreur peut être fatale.  Il faut donc savoir saisir chaque opportunité, analyser méticuleusement chaque fenêtre météo, profiter ce qui se présente tout en acceptant les imprévus qui surviennent immanquablement dans cet univers en perpétuel mouvement.

Bien au-delà de l’aspect sportif, cette odyssée reste donc avant tout une aventure humaine qui navigue entre émerveillements et déconvenues, quiétude et périls. Cette rencontre avec la nature dans toute sa démesure sollicite considérablement l’organisme et le dénuement dans lequel elle se déroule est une incroyable leçon de vie qui stimule l’esprit et aboutit à un certain dépassement de soi.

    

 UN VOYAGE A TRAVERS L’HISTOIRE

Le passage du Nord-Ouest est une voie totalement mythique pour les marins, aventuriers, explorateurs. Relier l’Atlantique au Pacifique par cette voie des glaces a connu aussi son lot de drames. En 1845, aucun des membres de l’expédition Franklin n’a survécu à l’aventure. Il a fallu attendre 1903 pour que le norvégien Amundsen s’engage dans cette périlleuse entreprise et y parvienne, 3 ans plus tard, après deux hivernages. J’espère donc pouvoir me frayer une route avant l’englacement qui survient en général à l’automne tout en sachant que lors des deux étés précédents, les glaces se sont moins rétractées que lors des années précédentes (depuis 2007) et ont commencé à se reformer dès le début du mois de septembre. Il faudra donc plus que jamais que je m’adapte aux conditions sur le terrain.

UNE APPROCHE SCIENTIFIQUE

A fleur d’eau et de glaces sur un petit prototype qui ne perturbe en rien l’environnement, j’aurai évidemment une position d’observatrice privilégiée pour observer le plancton lors de son « bloom », sa floraison, au moment même où ces organismes sont libérés par les glaces. Les observations réalisées devraient être pertinentes, puisque effectuées dans un biotope totalement vierge. Celles qui ont pu être menées à bien jusqu’à présent sont peu nombreuses car ces régions isolées restent difficiles d’accès la plupart de l’année.