Actualité

 
28-01-2010
C'est reparti !
Non, la dinde de Noël n’a pas eu raison de moi, pas plus que les agapes du 1er de l’an ou les chutes de neige qui ont recouvert la Bretagne d’un blanc manteau pendant quelques jours.
Il est vrai qu’il y a une éternité que je n’ai rien écrit ici, et très honnêtement je n’ai aucune excuse valable, sinon celle d’être accaparée par un nouveau challenge qui prend tout juste naissance, et se construit pas à pas avec toute la part de nouveauté et d’inconnu que cela implique. Un peu comme si j’avais sous la main un trésor dont je ne connaîtrais pas encore toute la teneur, et donc à manier avec beaucoup de délicatesse.
A nouveau défi, nouvelle vitrine … Je me suis donc retroussée les manches, et sans me laisser trop rebuter par les mystères de l’informatique, je me suis lancée dans la création du blog Pacific Solo.
Je compte bien évidemment sur votre indulgence lorsque vous irez y faire un tour, c’est pour moi une première, et bien que la création d’un blog soit à la portée de beaucoup d’entre nous aujourd’hui, j’avoue avoir eu l’impression de ramer à contre-courant tout au long de sa réalisation.
Mais il a au moins le mérite d’exister et je compte bien l’alimenter régulièrement pour vous tenir informés de l’avancée de mon prochain défi sur le Pacifique.
Et oui, je remets ça ! Donc, à partir de maintenant c'est par là que ça se passe : PACIFIC SOLO Espérons que vous trouverez ici de quoi nourrir votre imaginaire !

18-09-2009
Sur le chemin de l'école !
L’été s’en est allé, aussi discrètement qu’il était venu (surtout par chez nous où la canicule n’a jamais été d’actualité) et il est plus que temps de reprendre maintenant le chemin de l’école. Après un mois de juillet passé sur l’eau entre les Açores et l’Espagne à bord du voilier de Catherine Chabaud, et quelques « runs » sur la plage de Penthièvre histoire d’en découdre avec le Blokart qui n’en fini pas de me séduire, je me réattelle, plus motivée que jamais, à la mise en place de mon prochain défi océanique… Pour l’heure, nous cogitons dur avec Marc Ginisty, l’architecte de mes précédents bateaux sur la naissance d’une nouvelle machine infernale prévue au cours de l’hiver 2009/2010 dans son chantier à Douarnenez. Elle sera tout comme la précédente, tractée par une aile de kite. Le cahier des charges à bien évidemment évolué en fonction des expériences passées et nous appréhendons aujourd’hui beaucoup mieux les limites de ce type de navigation qui ne cesse de se développer. Si nous avons pu au fil des ans apporter quelques réponses aux interrogations qui étaient les nôtres lorsque j’ai pris mon premier envol depuis New York en 2006, il reste cependant encore pas mal de pain sur la planche pour faciliter entre autre le décollage de l’aile, phase la plus complexe en plein océan. L’aile révolutionnaire n’est malheureusement pas encore à l’ordre du jour, mais nous sommes persuadés qu’il y a malgré tout moyen d’optimiser ce qui existe déjà, en usant de nos neurones pour apporter les modifications nécessaires. La meilleure façon de le savoir sera de reprendre le chemin de la Grande Bleue au début de l’année 2011, car quoi de plus déterminant que le terrain comme épreuve de vérité ? En attendant, il faut remettre la machine en route, réunir l’équipe, les partenaires financiers, et avancer pas à pas dans ce nouveau challenge qui nous promet certainement bien des surprises. Je vous en dirai plus très bientôt...

25-06-2009
Les bouffeurs de sable
Météo estivale sur la Bretagne, petit vent de secteur ENE, 10-15 nœuds… Difficile de résister à l’invitation de Jérôme Cottet, distributeur France de Blokart de venir tirer des bords sur la plage de Penthièvre, à l’entrée de la presqu’île de Quiberon.
Après notre expédition en mars dernier dans le Tassili du Hoggar, force avait été de constater que les ailes de kite n’étaient pas le moyen le plus approprié pour parcourir les dunes de sables et les terrains rocailleux du sud de l’Algérie.
Pas découragés pour autant, nous avons donc fait le tour de tous les engins possibles et imaginables se déplaçant avec la force du vent et capables de nous entraîner à travers les immensités sableuses.
Et c’est ainsi que nous avons déniché le Blokart, sorte de char à voile très léger, et qui à priori ne semblait pas nécessiter de longues heures d’apprentissage fastidieux, ni d’assemblage complexe, ou de qualités sportives spécifiques.
Bref, rendez-vous a donc été pris et pendant quelques jours nous nous sommes régalés sur ces petites machines étonnantes, avalant au gré des kilomètres des paquets de sable dont nos gencives se souviennent encore !
Baptême du feu plus que concluant, même s’il reste encore un long chemin à parcourir et pas mal de « customisation » avant de pouvoir en découdre à nouveau avec le désert… Car le but du jeu évident, c’est de sortir le Blokart de son contexte habituel et de le voir évoluer dans un milieu un peu plus radical.
Dans nos têtes, évident, germent déjà des rêves fabuleux d’aventures au gré du vent. En tout cas, mille mercis à Jérôme pour sa disponibilité, ses conseils judicieux et son calme olympien face à nos requêtes parfois singulières.
Pour ceux qui veulent en savoir plus, allez faire un tour sur : Le Blokart

10-06-2009
Escale à Noirmoutier !
Petite pause salutaire de quelques jours sur l’île de Noirmoutier où se tiendra du 12 au 14 juin, le Salon du Livre de Mer dont je suis cette année la marraine et dont le président ne sera autre que le célèbre cinéaste et écrivain Pierre Schoendoerffer.
Cette 3ème édition, placée sous le signe des « aventuriers de la mer », accueillera quelques grands noms de la voile et notamment du Vendée Globe, auxquels un large espace sera consacré.
Au programme : conférences, débats, séances de dédicaces, diffusion de films en présence d’Isabelle Autissier, Catherine Chabaud, Anne Liardet, Karen Leibovici et Arnaud Boissières, mais également de 70 écrivains de la mer d’horizons divers et variés.
Bref, une palette riche en couleur annonciatrice d’un weekend rythmé par de nombreuses rencontres dans une ambiance plutôt détendue. Aucun doute qu’il y aura de quoi alimenter nos passions si besoin est… Une véritable bouffée d’oxygène dans un monde aujourd’hui teinté de grisaille, c’est toujours ça de gagné !
Après cela, je regagnerai mes pénates et continuerai à assembler minutieusement les pièces du puzzle sur lequel je planche aujourd’hui… Un puzzle qui pour l’heure n’en est qu’à son ébauche mais dont j’ai bien l’intention de vous parler très prochainement. Si je vous dis que la mise en chantier d’un bateau est prévue pour l’hiver prochain, j’imagine que je ne surprends personne ?
En attendant bon vent à tous !

07-05-2009
Mais qu'est ce qui se trame ici ?
Avec l’arrivée des beaux jours, les idées foisonnent et… Les nouveaux projets commencent à prendre forme sur le papier. Difficile d’en être autrement, de toute façon vous vous en doutiez bien !
Ces derniers mois de réflexion ainsi que les rencontres faites récemment m’ont permis d’analyser objectivement les événements survenus au cours de ma traversée sur le Pacifique, et de cogiter ainsi sur de nouvelles idées. Bref de fil en aiguille, qui dit nouvelles idées, dit nouveaux rêves et qui dit nouveaux rêves dit… Nouveau défi !
C’est donc reparti pour de nouvelles aventures, mais pour l’heure rien encore d’assez concret pour que je puisse satisfaire votre insatiable curiosité. Patience, patience…
Il faut maintenant que tout cela prenne corps et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a du pain sur la planche et de nouvelles nuits blanches en perspective !
C'est une des raisons pour laquelle j'ai mis mes neurones au repos pendant deux jours et je suis partie m’aérer au coeur de la forêt de Brocéliande où se déroule en ce moment l’Odyssée Celtique. Comment vous expliquer l'Odyssée Celtique !En gros, c’est une sorte de quête du Graal du XXIème siècle vécue sur le terrain par des équipes et relayée en direct sur internet. Un concept génial né de l’imagination de trois doux dingues : Didier Houal, Philippe Galia et Samuel Tiercelin où se mêlent, épreuves sportives, énigmes à résoudre et actions en faveur de la planète. Bref, un cocktail détonnant orchestré d’une main de maître par une équipe de bénévoles d’une efficacité impressionnante. Le plus simple est que vous cliquiez ici : L'Odyssée Celtique et que vous alliez voir par vous même. En attendant la suite des événements, bon vent et belle mer à tous !

01-04-2009
Un monde privé d'eau...
« Aman Iman » dit un proverbe Touareg, « l'Eau c'est la Vie », et s'il y a bien un élément dont je n'ai jamais manqué lors de mes précédents challenges, c'est bien de cette eau qui, dans le désert, est à chaque instant de la vie présente à l'esprit tant elle est rare et précieuse. Deux ans sans pluie dans cette région du sud de l'Algérie que nous avons traversée, deux années à regarder la terre se dessécher et les plantes dépérir, il y a de quoi déstabiliser la bretonne que je suis, élevée au rythme des tempêtes de Noroît. Notre voyage de repérage dans le Tassili du Hoggar nous a permis de faire un certain nombre de constats quant au projet initial de Pierre Schmitt : une traversée de Djanet à Tamanrasset en kite-buggy. La première leçon durement acquise n'a pas été très différente de celle enseignée par l'océan : apprendre la patience...Sport dans lequel j'excelle aujourd'hui ! Je ne sais pas ce qui, entre une journée de pétole en mer, ou une journée identique au beau milieu du désert par 40°C est le pire, mais au final, le résultat est bien le même : pas de vent, pas d'aile et c'est alors l'insupportable attente qui commence. Réfugiés à l'ombre des rochers, il nous a donc souvent fallu ronger notre frein, nous contentant des quelques rares moments où vent et terrain se combinaient parfaitement pour permettre au buggy d'évoluer sur quelques kilomètres. Cela dit, lorsque le vent était au rendez-vous, il était la plupart du temps très instable, variant de 5 à 20 nœuds et toujours en rafale... J'ai connu mieux comme conditions... J'ai connu pire aussi il est vrai ! La chaleur, les difficultés du terrain, les épines d'acacias mortelles pour les pneus du buggy ont durement éprouvés notre matériel, et les ailes ont nécessité de longues heures de réparations après que les caissons aient rendu l'âme. Bref, il y a encore du pain sur la planche avant que le projet ne voit le jour, mais cette expédition aura au moins permis d'éclairer nos lanternes quand à la viabilité d'un tel voyage. En tout cas, cette immersion intense dans le désert nous a permis de savourer des paysages à couper le souffle, se modelant au gré de la lumière si particulière dans ces régions et, grâce à Shérif, Sofiane et Ibrahim nos guides touaregs, nous avons appris que pour réussir à survivre dans un milieu aussi hostile il faut considérer le monde avec les yeux du groupe. La vie là-bas n'est pas une entreprise individuelle, et la solidarité n'y est pas un vain mot... La vie là-bas mériterait qu'on s'y attarde un peu plus sur le monde qui nous entoure... Un grand merci à la Société Cotten, à Marine Sat, aux agences Allibert et Tamrit Voyages de Djanet qui nous ont accompagnés sur cette mer de sable.

17-02-2009
Une aile dans le désert
Changement radical d’horizon pour les prochaines semaines à venir… Timing parfait il est vrai, car il était temps pour moi de retrouver un semblant d’action au milieu de cet hiver qui s’éternise ici en Bretagne. L’idée d’aller me confronter à un univers complètement différent de mon habituel espace salé me titillait depuis un moment déjà, et donc le temps de boucler mes valises, de récupérer mon visa, et je quitterai momentanément les côtes bretonnes battues par le vent humide pour me retrouver portée par un vent beaucoup plus sec celui là. Dans deux semaines, je m’envole pour Djanet, ville située à l’extrême sud de l’Algérie afin d’y effectuer un voyage de repérage en compagnie de deux doux-dingues, mais néanmoins amis, Evrard Wendenbaum réalisateur de films de l’extrême et photographe (www.evrardwendenbaum.com/) et Pierre Schmitt qui, en 2005, a effectué la traversée du Ténéré en solo (www.pierreschmitt.com). Pas question de solitude pendant les 600Kms qui nous permettront de rallier le Tassili n’Ajjer à celui du Hoggar, mais un trio infernal traversant autant de dunes de sable et de roches colorées, que l’océan ne compte de vagues. Changement radical pour moi, changement salutaire certainement. Un vrai travail d’équipe sur le terrain, où chacun d’entre nous apportera ses connaissances en la matière et avant que ne se mette en place le projet définitif. La cerise sur le gâteau et la raison de ma présence au milieu du désert : nous emmenons dans nos bagages un kite-buggy. Et voilà, il suffisait qu’on me parle d’aile de traction pour que je ne puisse résister très longtemps à l’appel des grands espaces. Pour l’heure, je m’active dans les derniers préparatifs, et je retrouve ce petit goût de je-ne-sais quoi, ce petit morceau de bonheur à l’idée de retrouver mes ailes. A suivre…

13-01-2009
Bonne année !
Et voilà... Je suis arrivée à destination finale, la Bretagne où la vie se réorganise peu à peu. La transition n'est pas aussi brutale que je me l'étais imaginée , même si les températures hivernales sont pour le moins fraîches, voire même carrément frigorifiantes. Je m'étais peu à peu habituée à la chaleur des tropiques et la notion d'hiver me semblait très lointaine ces dernières semaines . Pour l'heure, j'essaye de digérer tous les événements qui se sont enchaînés durant ce challenge sur le Pacifique, et si la richesse de leurs enseignements ne fait aucun doute pour moi, il n'en reste pas moins que je n'aurai accompli que la moitié du chemin... Il n'est jamais simple d'ouvrir une voie, j'en avais pleinement conscience en m'attelant à un tel défi, et la victoire n'est pas toujours au bout du chemin. Cela dit, de San Francisco à l'équateur j'ai eu l'occasion de savourer de belles journées de navigation qui m'ont permis d'observer le comportement de mes ailes dans des conditions pas toujours idéales. Il m'est donc bien difficile aujourd'hui de ne pas cogiter sur les changements à apporter aux kites que j'avais embarqués et qui étaient dessinés à l'origine pour la pratique du kitesurf, et non celle du kiteboat. S'ils se sont avérés très efficaces sur plus de 3000 kms, ils ont quand même montré leurs limites dès que les conditions de vent n'étaient plus réunies. Les techniques évoluent sans cesse, et heureusement l'avenir n'est pas écrit... Tout est encore possible ! Je vous souhaite à toutes et à tous, une excellente année 2009, en espérant que vos projets se concrétisent et que vos rêves continuent d'exister !

24-12-2008
Noël en mer
Finalement, ce sera Noël en mer pour moi ainsi que pour l'équipage, le cargo ayant été retardé à Panama suite à quelques réparations. Nous avons franchi le Canal hier et avons finalement laissé le Pacifique dans notre sillage pour gagner la mer des Caraïbes avant de longer, dans quelques jours, les côtes américaines. Cela fait maintenant 15 jours que je suis à bord, et je ne serai pas mécontente de retrouver la terre ferme même si cette expérience inattendue n'est pas dénuée d'intérêt et d'enseignements. C'est réellement une tout autre planète que de se retrouver projetée sur un cargo et j'ai découvert entre autre un mode de vie que je ne soupçonnais même pas. Les conditions de mer sont très différentes de celles que nous avons eu jusqu'à présent, et je retrouve un terrain de jeu qui m'est beaucoup plus familier : du vent et de la houle qui me rappellent mes sorties en mer dans la Baie de La Forêt Fouesnant. D'après les dernières nouvelles, les conditions météo sur New York sont pour le moins fraîches, et n'ayant pu récupéré que très peu de choses à bord de l'OceanKite, j'ai bien peur de me transformer en glaçon lors du débarquement, la neige n'ayant jamais été prévue dans le programme initial du Défi Adrien. Je ne crois pas que la combinaison de survie Cotten que je portais lors de mon évacution soit tout à fait apropriée dans les rues de Manhattan ! En attendant de retrouver enfin la terre ferme, je vous souhaite à toutes et à tous de joyeuses fêtes de fin d'année, et j'espère que l'année 2009 sera pour vous à la hauteur de vos rêves et vos aventures quel qu'ils soient...

16-12-2008
Terre ! Terre !
Demain le cargo sur lequel je me trouve depuis bientôt une semaine, arrive sur Panama, et nous laisserons donc le Pacifique dans notre sillage dès que nous aurons passé le Canal. Pour la toute première fois aujourd'hui, nous avons profité d'une météo estivale : ciel bleu turquoise, grand soleil , mer calme et vent modéré. C'est la fin de journée, et sur babord, se dresse dans le lointain l'île Montuosa. Le premier petit bout de terre depuis mon départ de San Francisco le 4 novembre dernier. Impressions étranges... Je n'avais pas imaginé un seul instant que l'aventure m'entraînerait dans cette région du monde, et le Canal de Panama ne faisait certainement pas partie de mes projets immédiats. Plus que quelques heures maintenant et les lumières de la terre ferme apparaîtront devant nous. Je garde les yeux rivés sur la ligne d'horizon attendant ce moment avec un mélange d'impatience et d'appréhension car si j'ai retrouvé un semblant de vie "normale" à bord du cargo, cela n'avait quand même pas grand chose à voir avec la vie des terriens. En moins d'une semaine nous avons changé d'heure à 3 reprises... Pour moi qui à bord d'Adrien avais pris l'habitude de ne vivre qu'au rythme du soleil levant et couchant, j'avoue avoir un peu de mal à m'adapter à ces fuseaux qui ne cessent de changer et aux horaires qu'il me faut apprendre à respecter désormais. Si tout se passe comme prévu, je devrais débarquer à New York le 23 décembre, juste à temps pour passer Noël avec ma fille... Belle consolation après l'immense déception qui a suivi mon abandon. Lorsque nous nous sommes parlées pour la première fois au téléphone il y a quelques jours, sa toute première question a été de savoir si je repartirais sur d'autres aventures ? Face à mon hésitation, elle m'a alors dit :" Tu repartiras, hein ? Parce que c'est génial ce que tu fais maman !" Il suffit de quelques mots parfois pour que le sourire revienne...

13-12-2008
Mieux vaut tomber que de ne jamais s'être envolé !
Nous faisons route vers Panama sous une pluie battante qui est maintenant devenue habituelle. La seule différence est qu'aujourd'hui je peux presque trouver une certaine beauté à observer depuis le poste de pilotage du cargo, les grains qui heure après heure déversent leurs trombes d'eau, ainsi que le ciel qui sans cesse évolue mais garde immanquablement ses nuances allant du gris foncé au noir anthracite. A 35 mètres de la surface de l'eau, le nez collé au hublot, l'océan prend tout à coup une allure très différente et mon terrain de jeu qui pendant 5 semaines me semblait infini se réduit tout à coup tout comme la houle qui me chahutait en permanence d'un bord sur l'autre et qui désormais semble bien ridicule, le bateau étant équipé de stabilisateurs. Quant à passer de 5 noeuds de moyenne (voire 0,9 noeuds dans le pot-au-noir) à 23 noeuds, j'ai la nette impression d'avoir échangé mon vélo dont j'étais seul maître à bord pour une formule 1 dont je ne me retrouve que passagère ! C'est sur, je suis depuis quelques jours sur une autre planète. Il y a d'innombrables façons de vivre une épreuve comme celle que je viens de connaître, et il est évident qu'aujourd'hui, ma déception est grande. Mais je crois avoir essayé tout ce qu'il était possible de faire pour réaliser ce rêve qui me tenait à coeur. J'avais parfaitement conscience en travaillant sur ce projet au cours des deux dernières années des risques qu'il comportait, et il certainement bien inutile aujourd'hui de ruminer des événements qui appartiennent désormais au passé. J'essaye donc tant bien que mal de profiter du moment présent pour apprécier ce nouveau monde de la mer qu'il m'est donné de découvrir, et j'apprends en regardant l'équipage vivre à bord ce qu'est le quotidien d'un marin de commerce, éloigné des siens pendant de longs mois et travaillant dans des conditions souvent ingrates. Malgré la volonté du commandant de bord de récupérer Adrien, cela n'a pas été possible, et ma petite embarcation vogue désormais, livrée à elle-même sur le Pacifique. J'ai laissé mes coordonnées à bord, mon côté optimiste sans doute, et j'espère que peut-être un bateau de pêche croisera sa route ou qu'elle finira par cheminer à son rythme jusqu'à toucher terre dans quelques mois. Le soutien indéfectible de ma famille ainsi que celui de mes sponsors, les nombreux messages reçus qui m'ont énormément touchée et la générosité spontanée dont fait preuve l'équipage sont autant de petits bonheurs qui rendent cet échec moins douloureux et qui me permettent d'entrevoir des lendemains plus sereins, en tout cas plus calmes.

12-12-2008
Cap sur Panama
Le pot au noir a décidé de ne pas me laisser passer, et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé… Je me suis bien souvent comparé a Don Quichote se battant contre ses moulins et les quelques maigres milles nautiques dument gagnés a la sueur de mon front chaque jour étaient systématiquement reperdus durant la nuit. Et comme si cela n’avait pas suffit, mes panneaux solaires ont rendu l’âme il y a deux jours de cela, me privant de tout électronique a bord. Bref, j’ai attendu 48 heures avant de prendre la décision de ne pas m’acharner inutilement, la suite du voyage me paraissant de plus en plus compromise a chaque heure qui passait. Je suis entrée en contact avec le chef de quart des opérations du Cap Gris Nez qui avec l’aide de l’équipe de surveillance d’Honolulu ont localise un cargo faisant route sur Panama et a accepte de venir a ma rencontre. Je ne les remercierai jamais assez de leur efficacité, de leur rapidité de réaction mais également de l’extrême gentillesse dont ils ont fait preuve dans ces moments qui pour moi n’étaient pas des plus simples a gérer. N’ayant plus accès a mon équipement électronique, cela rendait la tache d’autant moins aisée. A 1H00 du matin (Heure française) le cargo MAERSK MYTILINI est arrive sur site, et l’opération de récupération s’est passée sans heurt ni difficulté apparente, le capitaine du bord gérant son navire de 300 mètres comme s’il s’était agit d’un simple bateau de la taille du mien. Les membres de l’équipage ont fait eux aussi preuve d’une belle solidarité, et après 35 jours de solitude en mer, je me retrouve tout à coup entouré de 26 marins qui ne savent pas quoi faire pour m’être agréable… La transition est pour le moins étonnante. Ce soir, je me retrouve dans le poste de pilotage, surplombant la mer et les émotions affluent que j’ai encore un peu de mal a digérer. Le challenge a pris fin, j’ai eu quelques heures pour m’y préparer, mais combien de temps me faudra-t-il pour l’accepter ? Je ne verrai pas les iles de la Polynésie Française se détacher sur l’horizon comme je me l’étais imaginée maintes et maintes fois. Je ne savourerai pas le gout de la victoire, mais je sais déjà que cette expérience, et les quelques 2000 milles parcourus depuis San Francisco m’ont apporte de nouveaux enseignements, et de fabuleuses images que je garderai longtemps en mémoire. Cette première sur une telle route m’a apprise que les ailes de traction ont encore un long chemin a faire avant que de ne pouvoir être utilisées sur toutes les routes maritimes. Ce n’est très certainement pas demain que nous les verrons fleurir sur les cargos ou les bateaux de pêche, car leur utilisation reste par trop aléatoire surtout dans les zones de calme tel que le pot au noir. Nous faisons maintenant cap sur Panama, destination qui n’était pas prévue au programme, mais n’est cela aussi l’aventure ?

11-12-2008
Anne Quéméré secourue par un cargo
Après avoir pris la difficile décision d’arrêter sa traversée du Pacifique, Anne Quéméré a été récupérée cette nuit par un porte-conteneurs. C’est le CROSS du Cap Gris-Nez qui a dirigé d’une main de maître les opérations. Le gigantesque cargo est venu se mettre à couple du petit OceanKite de 5,5 mètres. Les conditions sur place n’ont pas permis de gruter l’oceankite, qui est donc resté à l’abandon. La navigatrice rejoindra Panama samedi 13 décembre. Elle devrait selon toute vraisemblance débarquer et retrouver son père, Ronan Quéméré, venu la chercher directement sur place.

10-12-2008
Abandon d’Anne Quéméré
La nouvelle est tombée officiellement cette nuit, Anne Quéméré a été contrainte d’abandonner sa traversée du Pacifique en Kite et en solitaire, le Défi Adrien. « Je dois me résoudre à abandonner, c’est une des décisions les plus difficiles que j’ai eue à prendre dans ma vie. » commentait cette nuit Anne Quéméré. Partie de San Francisco le 4 novembre dernier, la navigatrice a parcouru pendant ce mois près de 3500 kilomètres, sur les 7000 que compte la traversée. Après des premiers jours prometteurs, Anne Quéméré s’est retrouvée dans la zone de convergence intertropicale, zone dite du Pot au noir. Depuis son arrivée dans cette zone sans vent il y a dix jours, la navigatrice à bord de son OceanKite, n’a pas réussi à faire la moindre avancée. A cela vient s’ajouter le « choc » survenu il y a quatre jours sur son bateau qui avait entraîné la déchirure de son aile de Kite, la casse du système de retenue des lignes avant et la mise hors service du point d’ancrage de traction de l’aile. « Depuis le choc sur le bateau il y a une semaine, j’ai eu beaucoup de mal à me remettre. Comme après un accident de voiture, je me sens en état de choc. Je n’ai plus confiance en mon matériel, ni même en moi-même. La décision est mûrement réfléchie. Elle n’est pas agréable, mais le constat est clair. Sans vent, je ne peux pas avancer. » Encalminée depuis maintenant 10 jours dans le pot au noir, Anne Quéméré subissait depuis peu un vent de secteur sud qui la repoussait vers le nord. « J’ai perdu en une nuit les milles accumulés en une semaine » expliquait-elle cette nuit au téléphone. Et comme si cela ne suffisait pas, Anne Quéméré n’a plus du tout d’énergie à bord de l’Oceankite depuis ce matin. Un cargo situé à 25 heures de la navigatrice va tenter un rapprochement. La manœuvre –nocturne- est délicate car Anne Quéméré ne disposant plus d’énergie à bord, ne peut donc plus utiliser son système Activ-Echo qui renvoie aux cargos un signal amplifié pour la localiser. De leurs côtés, les principaux sponsors d’Anne que sont Adrien, Bretagne International et Yslab ont déjà fait savoir que leur priorité était la sécurité de la navigatrice. Un nouveau point sera effectué très rapidement (dans l’après midi) sur le sauvetage de la Quimpéroise.

08-12-2008
Un petit rayon de soleil
Quelques bonnes nouvelles après les galères de ces jours derniers... Tout d'abord les réparations sont terminées. J'ai réussi à ma faufiler dans l'un des coffres avant pour remettre en état le système de la poulie de traction qui avait été arraché, et à priori, cela devrait être maintenant opérationnel ! Je dis "a priori", car malheureusement le vent n'étant pas de la partie, je n'ai pas encore pu vérifier la parfaite solidité de l'ensemble. Mais il n'y a aucune raison pour que cela ne fonctionne pas désormais. Un peu d'optimisme après ces heures sombres ne fait pas de mal ! En tout cas, vive l'huile de coude et merci à Marc Ginisty qui m'a permis grâce à ses conseils de parer à ces problèmes qui, lorsqu'ils sont survenus m'ont semblé pendant quelques heures, insurmontables. La deuxième bonne nouvelle est que depuis ce matin, le soleil à fait son apparition... Pas de trombes d'eau à l'horizon, pas de ciel menaçant même s'ils subsistent quelques nuages de ci delà. Aucune idée si ce soudain ciel bleu entend s'installer de façon plus permanente, dans cette zone, on n'est jamais sûr de rien. En attendant, c'est toujours bon à prendre, inespéré devrais-je dire ! Cela va me permettre de mettre un terme à la culture de champignons qui ne semblait pas disposée à quitter le bord, faire sécher la cabine et peut-être même retrouver un semblant de confort. Passer du hammam au four... Nous verrons bien lequel est le plus supportable ! La semaine qui avait donc démarré du mauvais pied et n'avait été qu'en empirant au fur et à mesure des jours qui passaient, commence à prendre des nuances beaucoup plus agréables.Mon moral qui s'offrait évidemment une plongée dans les fosses abyssales, devrait lui aussi remonter en flèche ! Cela dit, je vais quand même faire attention à respecter les paliers de décompression... Il ne faudrait en effet pas que je m'emballle trop vite ! Je suis encore dans ce pot-au-noir (rebaptisé le pot pourri) même si la sortie ne semble désormais plus très loin. Le moins que l'on puisse dire est qu'il aura fait couler de l'encre et entendu certaines choses que la morale aurait reprouvées ! Cela dit, cela restera entre lui et moi. Puisse maintenant Eole entendre mes prières... Puisse cette étape n'être bientôt plus qu'un lointain souvenir ! La route est encore longue, même si sur la carte de mon ordinateur portable, l'Archipel des Marquises vient de faire son apparition dans le sud-ouest. Les Marquises !!! Ce sera pour moi la porte d'entrée de la Polynésie Française... Inutile de vous dire que c'est aussi un beau rayon de soleil qui revient dans la tête !

06-12-2008
La galère !
Je compterai désormais parmi les nombreux membres de l'Association "pas de pitié pour le Pot-au-noir", car non seulement je galère déjà depuis quelques jours au milieu d'un système météo à faire perdre son latin au meilleur des routeurs, mais pour couronner le tout ce samedi matin, il y a eu de la casse à bord. Le vent étant soudain passé de secteur SE 15 à 18 noeuds grâce à une cellule orageuse (encore une) passant dans mon sud, j'ai sauté sur l'occasion pour sortir l'une de mes ailes. Sachant qu'actuellement les milles ne se grappillent que petit à petit, je me suis activée sans attendre, ne sachant pas combien de temps durerait ce souffle inespéré. J'ai donc gonflé l'aile, puis je l'ai laissé courir sur l'eau afin de la faire décoller, et au moment où elle prenait son envol.... Le mousqueton que retenait l'aile à l'OceanKite a cassé net... L'aile s'est alors envolée en pleine fenêtre, et en pleine puissance, ce qui a arraché les bouts retenant la poulie de traction.... Bref, s'en est suivi un moment de cafouillage complet, avant que l'aile ne s'explose sur la surface de l'eau. Résultat des courses : une aile inutilisable, le système de retenue des lignes avant à réparer mais surtout le point d'ancrage de traction de l'aile hors de service dans l'état actuel des choses. Bref, le début du weekend s'avère encore plus sombre que la météo ne le laissait entendre, et j'avoue passer par des moments de découragement quand je regarde les dégâts. Mais bon, il va bien falloir m'armer de patience et d'outils pour remettre tout cela en place. Heureusement Marc Ginisty, l'architecte du bateau que j'ai contacté pour qu'il me guide de ses conseils, connaît parfaitement l'embarcation et sait par quel moyen accéder à certaines pièces moulées dans la structure et auxquelles il va falloir que j'accède. En tout cas, pour l'heure, l'ambiance n'est pas à la fête à bord de l'OceanKite, et la seule chose qui est à espérer maintenant, est que Mac Gyver m'inspire afin que je puisse reprendre ma route au plus vite. Je rêve d'en finir avec ce maudit Pot-au-noir et pourtant, lui ne semble pas vouloir me lâcher.

04-12-2008
Au pied du mur...
Me voici désormais au pire du pot-au-noir... Le vent faiblit progressivement et devrait très vite devenir inexistant. Peut-être un petit souffle de secteur sud va-t-il même s'installer et qui, dans ce cas là, me ferait remonter légèrement vers le nord. Une direction d'où je viens et où je n'avais pas prévu de retourner dans l'immédiat. L'ancre flottante va encore être de sortie afin d'éviter un dérive trop importante dans la mauvaise direction. Bref, les jours à venir vont être éprouvant pour le moral d'autant que Jean-François m'a annoncé l'arrivée imminente d'un orage par l'ouest. De quoi rendre les heures à venir franchement désagréables et encore plus humides qu'elles ne l'étaient jusqu'à présent ! Mais c'est le pot-au-noir... Et s'il était un lieu paradisiaque, tout porte à croire qu'il aurait été affublé d'un nom plus prometteur. Donc, pas de paradis pour le moment, je ne m'y attendais pas non plus à vrai dire. Pour le reste, je ne sais pas exactement ce qu'il va en être des prochains jours. Cette zone en bordure d'équateur, est si particulière qu'il est quasiment impossible de définir une fenêtre météo fiable. Tout se joue à quelques heures près. Une chose est sûre cependant, il va me falloir tant bien que mal passer de l'autre côté... L'autre côté ! Oui, c'est vrai, j'ai l'impression parfois de me retrouver au pied d'une montagne infranchissable, mais pourtant je sais aussi que chaque mille, aussi ardu soit-il, me rapproche du but. Et puis, je suis quand même là, à la mi-parcours, sur le Pacifique alors qu'il y a un an à peine je ne savais pas si je pouvais même rêver de me retrouver sur la ligne de départ à San Francisco. Il y a eu d'autres montagnes qui m'ont semblé toutes aussi infranchissables au cours de l'hiver dernier, et pourtant...

01-12-2008
Bientôt la mi-parcours !
Les journées dans le pot-au-noir manquent un peu d'originalité... Il pleut le matin, il pleut l'après-midi, il pleut le soir, il pleut la nuit... Et le lendemain me direz-vous ? Et bien, on reprend les mêmes, et on recommence ! Bref, l'endroit est pour le moins humide, et pas franchement idéal pour venir y passer des vacances en famille. Cela dit, qui pourrait bien avoir envie de s'éterniser ici ? Moi-même, le plus vite j'en serai sortie et le mieux je m'en porterai. Heureusement, les averses sont souvent accompagnées de fortes rafales qui me propulsent en direction du sud. Comme quoi tout n'est pas négatif lorsque l'on considère la situation. Encore un peu plus de 4° de longitude à parcourir avant d'espérer voir un rayon de soleil, ce qui veut dire, dans le meilleur des cas encore environ 5 jours si le vent se maintient tel qu'il est actuellement. Rien de très stable là non plus puisqu'il varie entre 5 et 17 noeuds, passant de l'un à l'autre avant même que je n'ai le temps de réaliser ce qui se passe... Etrange zone que celle-ci, je n'en garderai pas un souvenir inoubliable ! Ma quatrième semaine en mer se termine et avec elle, ma dernière pomme également. Je ne pensais pas qu'avec la chaleur et l'humidité je réussirais à conserver des fruits frais aussi longtemps, et seules les pommes ont tenu la distance. Je me suis donc délectée de cette dernière douceur que j'ai dévoré jusqu'au trognon et je ne crois pas avoir jamais mis autant de temps à déguster un simple fruit. Comme quoi, tout ce qui est rare devient subitement précieux et la valeur que l'on accorde aux choses dépend bien souvent de la situation dans laquelle on se trouve. Voilà une petite satisfaction qui peut sembler bien étrange au milieu d'une journée grise et morose... Mais sans doute l'idée d'arriver bientôt à la mi-parcours me permet de prendre mon mal en patience, car lorsque je considère la carte et tout ce chemin déjà accompli c''est déjà une petite victoire de gagnée !

30-11-2008
Atterissage raté !
Quand je vous disais que l'on n'est même plus tranquille chez soi ! Hier, à l'aube c'est un poisson volant de la taille d'une grosse sardine, que j'ai découvert dans mon cockpit... Malheureusement, je suis arrivée à la rescousse un peu trop tard, et il était inutile de tenter une quelconque réanimation ! Je vous imagine déjà ayant l'eau à la bouche, et vous demandant déjà à quelle sauce j'ai bien pu accommoder le malheureux pour mon déjeuner ? Et bien, sachez qu'à bord je n'ai qu'une bouilloire, et qu'il m'est donc impossible de cuisiner quoi que ce soit ! Quant au poisson cru, je ne suis pas encore à ce point désespérée... Je préfère attendre Tahiti pour m'en régaler. Préparé par un chef dans un restaurant digne de ce nom, il sera certainement plus savoureux que décortiqué n'importe comment avec mon vieux couteau rouillé et mes doigts malhabiles d'avoir passé trop d'heure à tenir la barre. Du coup, le maladroit qui s'était pris les nageoires dans le tapis et est resté scotché au fond du cockpit, est retourné de là où il venait... La grande bleue ! Je parie qu'à l'heure qu'il est, il a fait le bonheur d'un de ces nombreux oiseaux qui me survolent désormais quotidiennement. Quand même, quel destin que de venir finir ses jours sur une minuscule embarcation au milieu du Pacifique alors qu'il n'y a absolument rien d'autre autour de nous ! Mauvais karma ! Ici, c'est toujours aussi désert... Pas de cargos en vue, et j'avoue que c'est un stress en moins ! Pas de voiliers non plus faisant route vers le sud. Je garde malgré tout mon radar branché, surtout la nuit lorsque je dors. Certains jours, je suis tellement fatiguée, qu'il me semble qu'une horde de cargos sauvages pourraient croiser ma route, je ne m'en rendrais même pas compte. Cela dit, je sais bien que lorsque l'on se retrouve seule en mer, l'instinct reprend très vite le dessus, et quel que soit notre état de fatigue, une partie de notre cerveau reste toujours en veille. Le moindre bruit inhabituel, le moindre mouvement suspect de l'OceanKite et je suis au garde à vous, debout dans le cockpit étonnée de m'être extirpée de mon étroite cabine sans m'assommer. Pour l'heure et bien qu'à la frontière nord du Pot-au-noir, je profite encore du vent de secteur Est.Rien de très stable cependant. J'ai donc repris, non sans râler, mes exercices de haute-votlige car l'aile a parfois du mal à se stabiliser dans sa fenêtre de vol, et je fais donc ce que je peux pour l'empêcher de rejoindre la surface de l'eau. Malheureusement, ça me marche pas à tous les coups, et puisqu'aucune oreille chaste ne peut m'entendre, je me me laisse aller à quelques vocalises !

29-11-2008
Bienvenue dans le Pot-au-noir
Quelques journées difficiles, une mer toujours formée et croisée, des averses à ne plus savoir qu'en faire, et bientôt une culture de champignons océaniques dans ma cabine... Mais bon an mal an, je continue ma route vers le sud, et je suis désormais dans la Zone de Convergence Inter Tropicale, autrement dit, le pot-au noir. Rien que le nom déjà ne donne pas très envie, et on pourrait imaginer une mauvaise recette de cuisine, ou un polar de série B. Cela dit, pour le moment, je n'ai pas trop à me plaindra car si l'ambiance reste très humide à bord j'ai malgré tout le vent nécessaire pour déployer mon aile, et je grappille donc mille après mille la route vers la Polynésie Française. Et depuis plusieurs jours, fini la solitude... Je suis entourée de bancs de dauphins, de horde de poissons volants et d'oiseaux que malheureusement je n'ai pas réussi à identifier mais qui m'ont amusée pendant une bonne partie de l'après-midi d'hier. Ils sont arrivés en couple, et se sont directement dirigés vers l'aile qu'ils ont contourné plusieurs fois de suite y allant de leurs commentaires et jacassant à qui mieux mieux, puis, ils sont ensuite venus me survoler, et là, rebelote... Ils ont fait le tour de l'OceanKite s'exprimant assez vivement. Difficle d'imaginer la teneur de leur propos, et je ne sais si mon embarcation les a séduite ou si au contraire, ils trouvaient qu'elle dénaturait leur paysage bavec ses couleurs pour le moins pétantes. Bref, tout ça fait du monde tout à coup après le vide auquel je m'étais habituée depuis le départ.

28-11-2008
Tristes tropiques
Depuis le passage de la dépression tropicale dimanche dernier ce sont des trombes d'eau qui se déversent régulièrement sur l'OceanKite... Fatiguant pour le moral, car cela en rajoute à l'inconfort de ma petite embarcation. Fatiguant physiquement également, car il faut anticiper chaque grain avant qu'il n'arrive et ramasser alors l'aile à toute vitesse avant qu'elle ne se retrouve plaquée à la surface de l'eau par la violence des averses. Bref, il y a eu des jours plus faciles, et actuellement j'ai l'impression de manger mon pain noir par bouchée double... Un rien indigeste ! La météo parle pourtant d'une amélioration... Je l'attend de pied ferme, mais pour l'heure rien qui n'y ressemble de prêt ou de loin. Je vais donc essayer de puiser dans mes doses de patience, ayant pris soin d'en embarquer quelques unes en supplément, mais plus les milles s'accumulent et plus la fatigue du voyage se fait ressentir. Un petit rayon de soleil devrait remettre tout cela en ordre, et si le pot-au-noir me laisse me faufiler comme il semble vouloir le faire, alors ce sera toujours ça de gagné ! Dieu sait s'il aura fait parler de lui et occupé mes pensées depuis déjà quelques temps. Je souhaite un très joyeux Thanksgiving aux américains, n'ayant pas de dinde lyophilisée à bord, je me contenterai de mon habituel dîner arrosé à l'eau du Pacifique.

25-11-2008
Devines qui vient dîner ce soir ?
Hier, en fin de journée, alors que je me remettais tranquillement des émotions de ces derniers jours et que j'essayais tant bien que mal d'aérer mon hammam, j'ai reçu de la visite. Concentrée sur mon éponge, essuyant tant bien que mal l'eau s'écoulant le long de la paroi de la cabine, je n'ai tout d'abord pas prêté attention aux petits cliquetis qui venaient du dehors. Et puis, au moment de sortir pour essorer mon éponge, voilà que je tombe nez à nez avec un oiseau ! Honnêtement, je ne sais pas lequel de nous deux a été le plus surpris. Alors que j'effectuais un mouvement de recul, l'intrépide, lui, ne faisait même pas un geste pour s'envoler. Tout juste à-t-il sautillé pour aller s'installer sur l'un des panneaux solaires à l'avant du bateau me regardant comme si j'étais l'intruse. Il n'est pas rare que les océanites ou les puffins me survolent et viennent s'enquérir de l'étrangeté de cette bien curieuse aile qui vole à 30 mètres au-dessus de l'OceanKite, mais jusqu'à présent aucun volatile n'était venu se poser à mon bord. Après avoir tangué quelques instants cherchant son équilibre sur mon roof parfaitement lisse , mon visiteur s'est mis à picorer autour de lui. Il m'a fallu un moment pour comprendre qu'il buvait tout simplement les gouttes d'eau de pluie de la précédente averse et qui n'avaient pas encore eu le temps de s'évaporer. Je suis alors lentement sortie dans le cockpit, craignant à chaque instant qu'effrayé il ne s'envole à tire-d'aile, mais non... Ma présence ne semblait aucunement le gêner ! Peut-être trouvait-il normal que nous partagions le seul objet flottant non identifié à des milles à la ronde après nous être faits l'un comme l'autre malmenés par la tempête ? Nous sommes donc restés ainsi jusqu'à la tombée de la nuit, moi sirotant ma soupe, lui picorant quelques grains de semoule préparés pour l'occasion (eh oui, ce n'est pas tous les jours que je reçois à bord !) Ce genre de visite inattendue peut faire sourire lorsque l'on est à terre et que chaque jour on côtoie des volatiles de toute autre espèce, mais après trois semaines de solitude en mer, tout visiteur, qu'il ait des plumes ou des écailles est le bienvenu, et l'instant devient tout à coup magique... De cette magie qui redonne à nos visages un sourire d'enfant.

23-11-2008
De l'eau... Plus qu'il n'en faut !
Weekend diffcile sur la Pacifique : je me suis retrouvée coincée au coeur d'une dépression tropicale, les violentes averses se sont succédées sans me laisser beaucoup de répit et le bruit infernal des trombes d'eau sur la cabine a failli avoir raison de mes nerfs ! Qui aimerait se retrouver dans une grosse caise lorsque le batteur se déchaîne au rythme de la fanfare ? Le vent quant à lui a effectué de fréquentes bascules, passant de l'Est au Nord-Est puis au Sud en passant brièvement à l'Ouest. Bref, inutile de vous dire que toute navigation m'a été impossible dimanche, au pire de la dépression. C'est comme si subitement la machine s'était mise à déraillée, et j'ai préféré me concentrer dans la lecture d'un livre chargé sur mon ordinateur avant le départ, car il y avait honnêtement de quoi y perdre son latin. Les orages menaçant pendant 48 heures j'ai préféré débrancher tout l'équipement électronique de bord par mesure de prudence... Bref, tout cela ressemblait bien à un beau fiasco ! Ne reste plus qu'à espérer maintenant que cette dépression s'éloigne au plus vite afin qu'une fenêtre météo plus favorable se remette en place. Mais rien n'est sur à cette heure encore, et il me faut continuer à faire le gros dos et attendre que ça passe. Aux montagnes russes qui ont accompagné ces deux journées, c'est rajouté l'ambiance "sauna" ou plutôt "hamman", car la chaleur et l'humidité dans la cabine sont vite devenues un rien étouffantes... Bref, le Pacifique ces derniers jours me montre un visage fort peu sympathique mais j'essaye malgré tout de goûter à l'étrangeté de la situation puisque c'est aussi cela qui tisse l'étoffe de l'aventure.(il ne faudrait pas que ça s'éternise quand même !)

21-11-2008
Un peu de compagnie...
Les alizés sont moins réguliers que je me l'étais imaginée, mais je ne vais pas me plaindre, ils sont là, c'est déjà ça... Cela dit, dans la seule journée d'hier il m'a fallu redécoller l'aile une bonne dizaine de fois car malgré la finesse de pilotage, et mes encouragements on ne peut plus véhéments, il m'était impossible de maintenir le kite en l'air dans les périodes de dévent. Pour ce qui connaissent la difficulté que représente l'envol d'une aile posée sur l'eau, vous comprendrez aisément qu'en fin de journée j'étais nettement moins fraîche et enthousiaste qu'aux premières heures du jour. Mais c'est le jeu ! Et si je veux continuer ma route coûte que coûte, il faudra bien que je m'accommode des facéties d'Eole. Evidemment dans ces moments là on ne s'épargne pas beaucoup, et les mains, les épaules et le dos encaissent les efforts en grinçant un peu plus chaque jour qui passe ! Non pas que ces efforts soient intenses en permanence, mais la plupart du temps il faut réagir vite et de façon énergique sous peine de voir les 4 lignes s'emmêler et faire un sac de noeuds inextricable. J'ai quelques souvenirs de fin de sessions épiques passées à terre à défaire mes 120 mètres de lignes après des entraînements malheureux... Il y a quand même mieux pour passer ses soirées, même lorsque l'on se retrouve encalminé dans la pétole ! A priori, et d'après Jean-François Bonnin, le monsieur météo du Défi Adrien, j'ai devrais avoir encore quelques belles journées devant moi. Journées bien solitaires cela dit, car il n'y a pas âme qui vive alentour. A part un banc de dauphins venus pécher autour de mon embarcation il y a quelques jours, rien ne pointe le bout de son nez à la surface de l'eau. Moi qui avait été habituée à une faune marine très riche et très variée sur l'Atlantique, je reste sur ma faim (façon de parler évidemment !) Désolée pour la photo en marge qui n'est pas de grande qualité, mais je tenais quand même à vous montrer la nageoire de ce dauphin qui est venu faire quelques pirouettes devant l'étrave de l'OceanKite avant de rejoindre ses congénères ! J'avoue avoir été bluffée, et j'ai juste eu le temps de sortir mon appareil photo pour m'assurer que ce n'était pas une hallucination. Il m'est bien arrivé de voir un kangourou passer sur mon tribord lors d'une de mes précédentes traversées, alors, je me méfie ! Petit message pour les parisiens qui traîneraient du côté de Montmartre dimanche 23 novembre à 16H00 : La Commanderie du Clos Montmartre, située en plein coeur du vignoble Montmartrois organise une vacation téléphonique en direct avec moi... Si vous avez des questions à poser, ce sera le moment ou jamais !

19-11-2008
Dans les alizés
Me voilà maintenant et pour une dizaine de jours dans les alizés... Cela veut dire dans les prochaines heures, un vent de secteur ENE soufflant entre 12 et 15 noeuds et qui devrait me permettre de continuer ma route vers le sud ouest. Quelques belles journées en perspective avant de tomber dans l'incontournable zone critique portant le nom très officiel de Zone de Convergence Inter Tropicale. Ce sera malheureusement la prochaine étape "pétole"... Impossible d'y échapper, elle se tient actuellement par 6°N et 12°N et n'évoluera pas énormément d'ici à une dizaine de jours. Enfin, d'ici là, j'ai encore de nombreux milles à parcourir le tout arrosée copieusement car la houle qui vient par le travers de l'OceanKite ne m'épargne pas beaucoup. Les couleurs ont pris de nouvelles nuances autour de moi, et si à l'aube le ciel reste en général très couvert, depuis quelques jours, il s'éclaircit en milieu de matinée pour laisser place à une superbe étendue bleue turquoise ainsi qu'un soleil radieux. Du coup, j'ai ressorti la batterie de crèmes solaires qui étaient restées au fond des coffres depuis le départ, et je me tartine régulièrement pour éviter les coups de soleil. a cuisson à petit feu va être désormais mon quotidien... Autant éviter les brûlures dans le mesure du possible, d'autant qu'en raison de l'humidité et de la salinité ambiante, elles sont difficiles à soigner. Je prends donc soin de ma santé, c'est toujours ça de gagné pour le moral, l'un ne fonctionnant pas sans l'autre de toute façon Le visage tartiné d'écran total, les lunettes de soleil en quasi permanence sur le nez et chantant à tue-tête le répertoire enregistré sur mon MP3, je pourrai presque me prendre pour Mickael Jackson au temps de sa gloire ! Cela dit, pour l'heure les seuls fans qui daignent approcher mon embarcation sont les océanites ainsi que les puffins que j'entraperçois quotidiennement et qui viennent parfois se mesurer à mon kite. J'ai le souvenir d'avoir eu leur compagnie pendant toute ma traversée de l'Atlantique Nord... Ici, ils se font quand même plus discrets.

18-11-2008
On the road again !
Un petit vent de secteur ENE de 8 à 10 noeuds revient tout doucement et devrait se renforcer au cours de la semaine. Alleluia ! Je vais enfin pouvoir reprendre ma route à un rythme un peu plus soutenu que ces derniers jours. Cela dit, je ne vais pas non plus exploser le compteur car pour l'instant les conditions restent encore faibles et je passe le plus clair de mon temps à jouer avec mon kite afin qu'il décolle, et puis une fois dans sa fenêtre, qu'il reste en l'air. Tout ça relève parfois de la prouesse acrobatique, mais que ne ferais-je pas pour gagner quelques petits milles supplémentaires ? Après le calme de ces derniers jours il faut bien que je me dépense un peu physiquement car j'ai beau parcourir mon cockpit de long en large, il ne fait jamais que 2 mètres... Autant dire qu'on en a vite fait le tour et qu'il m'en faut un peu plus pour me fatiguer ! Je m'entête donc à envoyer l'aile, l'encourageant de la voix lorsque je la sens faiblir et jouant avec mes 4 lignes lorsqu'elle amorce une tentative de chute vertigineuse . Aujourd'hui l'océan a retrouvé un profil un peu plus familier... Fini l'immense nappe d'huile dans laquelle j'avais l'impression d'être engluée... Une petite houle d'Est commence à se former mais pour l'instant rien que je ne puisse surfer. Il va falloir attendre pour cela que les alizés retrouvent un souffle plus régulier. Le ciel est toujours très couvert et mes panneaux solaires ne sont pas aussi performants que d'habitude. Je fais donc attention à ma consommation d'électricité et fais fonctionner le dessalinisateur en priorité... De toute façon, vu l'étroitesse de ma cabine il me suffit d'une seule lampe à leds et c'est un peu comme Versailles un jour de fête ! Seuls le transpondeur de radar, me signalant la présence de cargos à quelque smilles à la ronde, ainsi que le GPS sont branchés en permanence. Ca me laisse une bonne marge de manoeuvre pour ne pas avoir à m'inquiéter d'une surconsommation d'énergie. Bon, la bonne nouvelle c'est quand même que la température de l'eau a dépassé les 23°C ! De quoi faire rêver la Bretonne que je suis et qui a été habituée depuis toujours à barboter dans une eau plus revigorante et définitivement (beaucoup) plus froide ! (Photo d'archives, crédit Ronan Quéméré)

16-11-2008
Pétole !
Immobilisée au-dessus de l’eau, encalminée dans la pétole depuis deux jours maintenant, je contemple cette vaste étendue qui m'entoure et qui pour l'instant ressemble à un miroir. Pas la moindre ride ne vient le troubler, rien ne bouge autour de moi. Le ciel reste très couvert et la frontière avec le gris de l'océan est à peine définie... J'ai comme l'impression d'avoir mis un pied dans le néant. Le vent s'en est complètement allé cette fois ! Parfois un léger souffle vient me chatouiller qui disparaît aussi vite qu'il est arrivé et je sais qu'il va falloir tenir coûte que coûte car aucune amélioration n'est en vue avant mercredi prochain. Je ne peux que mesurer toute mon impuissance... Impossible d'envoyer l'aile dans ces conditions. Patience... Patience ! Hier, plutôt que de ronger mon frein inutilement, j'en ai profité pour sortir pour la première fois le matériel prêté par Oceanopolis et devant me permettre de récupérer du plancton et autres larves. J'ai passé de longues heures à lancer et relancer mon filet de pêche. Au tout début, j'ai eu l'impression de ne ramener que de l'eau de mer et puis mon regard est devenu plus perçant et j'ai observé qu'il y avait pas mal de vie autour de mon embarcation. Comme quoi, il suffit parfois de s'arrêter et de prendre le temps de regarder... Un luxe qui n'est pas donné à tout le monde je le sais. Cela m'a replongé dans les livres de Théodore Monod qui parlait du désert comme un lieu de vie très intense et qui s'arrêtait presque à chaque pas pour observer sous chaque pierre la vie intense qui s'y déroulait.

14-11-2008
Le rythme ralentit
Petit point météo avec Jean-François Bonnin ce matin...Le vent faiblit car les alizés sont en panne au nord du 20°N du fait de l'anticyclone habituellement au large de la Californie, et qui se retire temporairement. Impossible donc d'échapper aux calmes dans les jours à venir... Je vais dans la mesure du possible continuer à naviguer vers le sud dans les heures à venir en espérant atteindre le 20°N au plus vite et surtout essayer de prendre mon mal en patience lorsque le vent me fera défaut. Je ne pouvais quand même pas imaginer avoir 15 à 20 noeuds de vent tous les jours, cela semblait un peu trop beau ! De toute façon, depuis dix jours que je suis en mer, je n'ai pas beaucoup eu l'occasion de souffler et le rythme a été assez soutenu. Je suis sûre que mes bras ne verront pas d'un mauvais oeil une petite pause syndicale. Après tout autant positiver puisqu'il n'y a rien d'autre à faire !!! Cela dit, je sais à quel point le manque de vent, s'il s'éternise, peut être éprouvant pour les nerf alors je garde en mémoire cette phrase lue quelques temps avant mon départ et qui pourra m'inspirer d'ici peu : la force n’est pas toujours ce qu’on croit. Elle ne se mesure pas seulement à la masse musculaire ni au nombre de kilos que l’on peut soulever. La force signifie surtout supporter, ne pas flancher ! Je vais donc pouvoir mettre à profit les longues séances de travail faites au cours de l'hiver dernier à l'Ecole de Voile de Quiberon, avec le préparateur mental, Gilles Monier. C'est le moment ou jamais ! En attendant, j'observe les cartes météos grâce à l'ordinateur étanche mis à disposition par Marine Sat et je recoupe les informations transmises par Jean-François en observant ce que se passe autour de moi. Cela me permet d'ajuster les données en temps et en heure. Dernière nouveauté sur le site, Hervé a rajouté une page afin que vous puissiez laisser des messages si vous le souhaitez... Ces messages me sont transmis une fois par semaine car je n'y ai pas accès depuis l'ordinateur embarqué et croyez bien que les jours de "pétole", quand l'océan semble tout à coup vouloir me garder rien que pour lui, tous ces mots que je reçois sont de formidables moteurs qui redonne la niaque.

12-11-2008
Première semaine en mer
Il y a huit jours je larguais les amarres et embrassais un dernière fois Peter, Tom, David, Emma et quelques autres venus me saluer avant le départ. Plus d'une semaine déjà, et la terre me semble à la fois encore proche, car les dernières images de la côte disparaissant dans le brouillard sont toujours bien présentes à mon esprit, mais lointaine déjà, car cette immensité liquide qui m'entoure à présent me semble avoir toujours été là. Passés les premiers jours où je me suis promenée entre le « toujours ici » et le « déjà ailleurs », je suis maintenant complètement amarinée. Je suis surprise d’avoir déjà acquis des gestes vifs et précis et des réflexes indispensables en haute mer. D’étranges rituels aussi, des petites manies nées de je ne sais trop où et qui d’une certaine façon rythment mes journées. Étonnantes impressions par lesquelles on passe lorsque l'on se retrouve seule en mer pour de longues semaines... Mais j'imagine que pour chaque marin ces sensations doivent être différentes puisque les raisons qui nous amènent ici, au beau milieu de l'océan sont elles aussi toutes très différentes. N'étant pas en course comme les tour-du-mondistes partis il y a quelques jours des Sable d'Olonne, je donne du temps au temps, et je m'accorde même le droit à la farniente parfois. Assise dans le cockpit les doigts de pieds en éventail, l'aile posée sur l'eau, je savoure. Voilà donc une semaine d'écoulée en mer, et pour l'instant, la météo semble vouloir faciliter ma progression. Espérons qu'elle restera coopérative le plus longtemps possible. Déjà 690 milles parcourus depuis le départ... L'OceanKite n'a pas beaucoup chômé, et j'avoue avoir les épaules et les bras qui s'en ressentent ! Suite au prochain épisode...

11-11-2008
A table !
L'incontournable question que l'on me pose lorsque je parle de la vie à bord de l'OceanKite est de savoir ce qu'on peut bien embarquer comme nourriture pour plusieurs mois dans un flotteur de 5,50 mètres dont les deux tiers de l'espace sont occupés par le cockpit et le stockage des ailes. Eh bien, on emmène l'essentiel ? c'est à dire, juste de quoi subvenir à ses besoins alimentaires. Evidemment "les bons petits plats cuisinés comme à la maison" ne font pas partie du voyage puisque l'essentiel de ma nourriture se compose de sachets lyophilisés. Ils sont légers, se conservent bien malgré l'humidité à bord, ne nécessitent pas de grande préparation (un peu d'eau chaude, on mélange, c'est prêt) et ils contiennent les calories et nutriments indispensables à l'organisme. Evidemment à la lecture de ces quelques lignes, la réputation de fins gastronomes qu'ont toujours eu les français va en prendre un sacré coup, mais considérez qu'il y a cas de force majeur et qu'à terre si je ne suis pas une cuisinière hors-paire, je sais apprécier les bonnes choses. A ces rations de survie viennent également s'ajouter des compléments vitaminés et des minéraux ainsi que quelques petites douceurs qui permettent au moral de rester au beau fixe les jours de fatigue ou lorsque je navigue de longues heures durant et que je ne peux lâcher la barre avec laquelle je pilote mon kite. Barres de céréales, chocolat, fruits secs, et pour achever ma piètre réputation de fin gastronome : du fromage en tube ! Soit, cela n'a pas grand chose à voir avec un bon fromage de chèvre ou une tome de Savoie, mais ne dit-on pas que "faute de grives on mange des merles" ? Je mangerai donc mon ersatz de fromage sans une once de culpabilité, à chacun ses plaisirs après tout ! Sur le Pacifique, même le fromage en tube prend une toute autre saveur ! Cela ne m'empêche pas de lorgner les poissons volants que je vois régulièrement survoler mon embarcation. J'ai toujours l'espoir que l'un d'entre eux se prendra la nageoire dans mes lignes et qu'il pourra ainsi finir dans mon assiette. Lors de mes précédents défis, je me souviens en avoir récupérer quelques uns qui avaient malencontreusement attéri au beau milieu de mon cockpit, mais n'étant jamais plus gros qu'une crevette, j'avais toujours eu à coeur de les remettre à l'eau. J'attendrai donc d'être à Tahiti pour apprendre à préparer le poisson cru... Encore quelques 3 000 milles nautiques à parcourir avant d'aiguiser mes couteaux ! Patience...

10-11-2008
Bientôt les alizés
Il y a ceux qui vont en boîte de nuit le samedi soir pour s'agiter un peu, et puis, il y a ceux dont je fais partie, qui choisissent l'Ocean Pacifique en fin de semaine pour se faire des sensations fortes et se retrouver un peu comme dans un shaker ! 25 noeuds de vent avec des rafales allant jusqu'à 30 noeuds, une mer impressionnante et qui s'est levée très rapidemment, autant vous dire que la nuit de samedi à dimanche m'a semblé bien longue et qu'au petit matin je comptais les bleus.Dimanche est resté très dynamique mais heureusement a légèrement faibli et m'a permis de reprendre mes esprits. L'OceanKite quant à lui a vaillamment tenu la route bien qu'il se soit couché à plusieurs reprises heurté de plein fouet par de sournoises déferlantes, mais il n'a jamais chaviré malgré un équilibre parfois précaire. En ce début de semaine les conditions sont un tout petit peu plus calmes avec un vent de NW 17 à 22 noeuds, et pendant deux jours je vais légèrement faire route vers l'est afin d'éviter une zone de calme qui se profile à l'ouest. Entre le trop de vent et le pas assez, il faut trouver le juste milieu. Pas d'inquiétude, je ne compte pas faire étape au Mexique histoire de me laisser bercer par la douce mélodie des mariachis en savourant quelques tequilas. Dès que possible je reprendrai ma course vers l'ouest sachant que dans moins d'une semaine, si je maintiens ce rythme, je devrais toucher les alizés. Ah les alizés... Nous les auront bien mérités ! Enfin, à chaque jour suffit sa peine, rien ne sert de faire des pronostics à trop long terme lorsque l'on sait que la météo est celle qui détermine le ton de la traversée, et qu'elle n'est en général fiable qu'à quelques jours près. Suite au prochain épisode...

09-11-2008
Un petit monde bien ordonné...
L'épais brouillard poisseux qui semblait me poursuivre depuis le départ à enfin laissé place à un ciel plus clément. Quelques belle percée de bleu turquoise même si le ciel reste pour l'instant encore couvert. Il fait quand même un peu meilleur sur l'eau même si je reste emmitoufflée dans mes vestes polaires, mon ciré trempé et que je ne quitte plus les supers chaussettes imperméables que m'a confié le responsable de la Société Cotten avant mon départ. Plus je descend vers le Sud et plus je devrais trouver de chaleur, vivement que j'ôte toutes ces couches qui m'encombrent... Ce ne sera pas désagréable il faut l'avouer ! La mer depuis le départ reste très décousue, très courte et déferlante, il faut donc sans cesse que je sois vigilante. Cela dit, mon terrain de jeu devrait lui aussi changer au fur et à mesure que je m'éloigne des côtes américaines et que je mets le cap sur l'Equateur. Pour l'instant j' évolue encore dans des courants complexes qui rendent ma navigation difficile, mais l'essentiel est que j'avance !!! Et je vois chaque jour les milles qui défilent et qui ne seront plus à faire ! Quoi de plus motivant ! Après 6 jours en mer, je me sens maintenant complètement amarinée. Pour preuve après chaque session de kite, je me glisse dans ma cabine sans me couvrir de bleus et sans plus jouer les contorsionnistes. Si mal au dos il y a ce sera du aux longues heures passées à la barre en position asymétrique. Chaque chose est maintenant bien à sa place... Pas besoin de réfléchir ni de mettre l'OceanKite sans dessus dessous si j'ai une soudaine envie de chocolat ou de beurre de cacahuète. Je sais exactement ou se trouve chaque objet embarqué. Quant à mon appétit qui n'était pas des plus féroces pendant les trois premiers jours, il semble miraculeusement revenu, et je m'attable chaque jour devant mes sachets de lyophilisés. Au choix en cette fin de semaine : poisson à la provençale ou minestrone végétarien. Rien qu'à lire ces quelques lignes je suis sûre que vous en avez déjà l'eau à la bouche ! Sur la photo de droite, prise au petit matin du 5ème jour de mer, vous pouvez constatez que la bonne humeur reste d'actualité et le sourire de mise malgré la fatigue des premiers jours. J'espère qu'il en sera ainsi le plus longtemps possible. Suite au prochain épisode...

07-11-2008
Vive le vent !!!
Il n'a pas fallu longtemps pour que le vent revienne, juste le temps de m'organiser à bord, de retrouver mes marques et de dormir un peu, ce que je n'avais pas eu l'occasion de faire depuis le départ ! Et hop !!! J'ai ressorti une de mes ailes pour faire route vers le sud. 10/12 noeuds de NNW pour démarrer avec des pointes à 15/20 noeuds en fin de journée, une mer qui déroule et me permet quelques beaux surfs, que demander de plus ? Peut-être un rayon de soleil pour sécher mes cirés déjà trempés ? Car depuis ce matin je navigue dans un purée de pois et la visibilité est quasi nulle. J'ai donc branché le radar car, si les cargos sont moins nombreux que lors de mon précédent départ de New York, il n'en reste pas moins que le trafic dans les ports de San Francisco, Los Angeles et San Diego est très important. J'ai eu le droit à un concert de cornes brumes dans la journée lorsque ma route a croisé celle de deux cargos qui filait vers le Nord. Heureusement proches des côtes et en cas de brouillard, il y a du monde en passerelle qui veille... Il n'empêche qu'à chaque fois c'est assez stressant de voir ses énormes bâtiments venir en direction de ma minuscule embarcation, surtout lors de mes pauses lorsque l'OceanKite n'est absolument pas manoeuvrant. Aujourd'hui retour du vent, demain peut-être celui du soleil, en attendant je trace ma route et me détache peu à peu de la terre...

06-11-2008
Encalminée
Les 24 heures qui ont suivi le départ ont été dynamiques, et j'ai vu les côtes américaines s'éloigner avec un petit pincement au coeur malgré le bonheur de me retrouver enfin sur l'eau... Et puis hier soir, le vent a faibli, faibli et je goûte depuis quelques heures à ce qui a un air de déjà-vu : la pétole. Je ne l'attendais pas si tôt, et j'avais bien cru pouvoir tracer ma route plus vite vers le sud pour y trouver des vents meilleurs, mais il faut que je me fasse une raison, je suis encalminée et à l'heure où le soleil se lève, rien ne semble vouloir troubler l'océan, pas même une petite ride indiquant une timide risée. La patience à terre dont il a fallu faire preuve ces dernières semaines va m'être encore bien utile dans les heures à venir... Un schéma que je connais bien pour l'avoir vécu lors de ma précédente traversée de l'Atlantique Nord en Kite. Cela dit, et puisqu'il n'y a rien à y faire, je profite de ce grand calme momentané pour m'amariner, organiser ma vie à bord, prendre mes marques à l'intérieur de mon étroite cabine et grand luxe qui ne me sera peut-être pas offert tous les jours, dormir 5 heures d'affilée cette nuit. Presque comme à la maison ! J'ai bien essayé de grignoter pour faire passer le temps, mais je crois que mon estomac n'est pas encore prêt à recevoir un repas digne de ce nom, et même les tablettes de chocolat embarquées en grande quantité ne me tentent pas plus que cela... Pour vous dire ! J'espère pouvoir renaviguer au plus vite et reprendre ma route vers Tahiti, mais comme nous le savons tous maintenant, la météo n'est pas une science exacte, et les prévisions aussi bien à terre qu'en mer, pas toujours simples à affiner. Suite au prochain épisode, en espérant qu'Eole entende mes prières !

05-11-2008
Anne Quéméré est partie !
Ça y est, la navigatrice a enfin pu mettre le cap sur Tahiti. Elle s'est élancée de San Francisco à 10 heures 32 minutes et 02 secondes (heure locale), soit à 19 heures, 32 minutes et 02 secondes (heure française). Anne Quéméré a pu prendre le large sous un grand soleil San Franciscain, loin de l'incroyable effervescence des élections présidentielles... C'est le départ d'une grande aventure, le départ du Défi Adrien. Nul doute, l'attente en valait la peine. Car ce matin, toutes les conditions météo étaient de la partie pour le départ du Défi Adrien : un grand soleil et un vent de secteur Nord/Nord Ouest soufflant à 20/25 noeuds. Ce même vent devrait souffler pour les trois jours à suivre le long du 123° ouest. De quoi porter Anne au-delà du rail des cargos. Un départ magnifique Le soleil radiait ce matin sur la « City of the Bay ». Et le vent était de la partie aussi. Bref que demander de plus pour l'amorce de ce défi Adrien. Après un dernier briefing et les ultimes réglages à bord de son Oceankite, Anne Quéméré a été remorquée jusqu'au point de départ situé sous le Golden Gate. De là, la navigatrice a commencé toutes les manoeuvres nécessaires à l'envol de son aile : pomper les boudins de son aile de Kite, tendre les fils qui la relient à son aile, lever l'ancre. Et la dernière étape la plus délicate sûrement : faire lever son aile. En tout, il lui aura fallu 45 minutes avant de vraiment s'élancer. Good Bye Une fois son aile en l'air, la baroudeuse a salué les quelques personnes venues la soutenir pour son départ et ce malgré l'appel général à rejoindre les bureaux de vote pour élire le nouveau président. Anne s'est contentée d'un: « Salut ! Et on se revoie vite à Tahiti, hein ? ». Pas de fausse modestie non, juste l'enthousiasme de celle qui n'attendait plus que cela : « C'est l'accomplissement du projet. Ça y est enfin, nous y sommes. Rien n'était gagné pour être sur la ligne de départ. Ce n¹est pas aussi simple que ça à mettre en place. Ça a pris beaucoup de temps, beaucoup d'énergie, beaucoup de conviction et de motivation. Et maintenant j'y suis. C'est fou, c'est fort. » Petit à petit, ce bateau déjà si minuscule (5,50 mètres) s'est éloigné, laissant derrière lui les marins venus saluer la baroudeuse. Ces prochaines heures, la navigatrice devra faire attention aux cargos présents en nombre sur sa route. Le but du jeu des trois prochains jours réside maintenant dans le fait de rejoindre au plus vite les alizés, ces courants chauds qui accompagneront, on l'espère, la navigatrice tout au long de son aventure.

02-11-2008
A vos marques... Prête !
Bientôt le grand large... Ainsi que le bulletin météo le laissait à penser depuis quelques jours, bulletin confirmé par Jean-François aujourd'hui, à partir de mardi prochain, un vent de NNW 20/25kt soufflera sur la zone de départ et s'établira pour les trois jours à suivre le long du 123°W. Le tout grâce aux conditions anticycloniques qui s' installent à l'arrière de la dépression passant actuellement sur San Francisco. Bref, il semblerait donc que le 4 novembre 2008 soit une date à marquer d'une pierre blanche, aussi bien pour les américains qui se rendront dans les bureaux de vote que pour moi qui larguerai enfin les amarres à destination de Tahiti. Je me réinstalle donc sereine dans les starting-blocks et passe en revue les derniers détails, ne pas oublier les fruits frais par exemple qui tiendront à fond cale tout au long de la première semaine en mer et qui me permettront de m'habituer peu à peu aux rations lyophilisées. Pour le reste, tout est prêt depuis déjà quelques temps, un simple check-up devrait suffire. Comme me le disait Jean-Luc VDH dans le dernier courrier qu'il m'adressait: "petite impatience ruine grands projets"... Qui mieux que lui sait toute la puissance de cette phrase et aujourd'hui sachant que l'attente va enfin prendre fin, je peux apprécier ses lignes d'autant plus facilement. Il est vrai que pour la plupart de ceux qui vivent à terre et dont les journées sont rythmées par les heures de bureau, une semaine peut sembler passée vite, mais lorsque l'on est focalisé sur un objectif chaque minute qui s'écoule prend des allures d'éternité parfois. Merci pour tous pour vos messages d'encouragement que je reçois quotidiennement et qui me permettent de relativiser, je sais que pas mal d'entre vous regardent la carte du site tous les jours et espèrent voir enfin le petit point se déplacer vers l'ouest et s'éloigner des côtes californiennes, ce sera bientôt le cas. Croisons les doigts, le jour J est désormais proche et mes kites sont fin prêts pour le Pacifique.

27-10-2008
A l'ouest, rien de nouveau
La fenêtre météo du mardi 28 octobre est correcte mais seulement à très court terme, m'a annoncé Jean-François Bonnin il y a quelques heures. En effet, si je la prenais, cette fenêtre m'enverrait dans un système dépressionnaire complexe à gérer pendant les 5 jours qui suivraient le départ, avec un vent de face pouvant aller jusqu'à 20 noeuds en fonction de la position où je me trouverai alors. En clair, beaucoup de galères en prévision pour une progression très aléatoire dès le coup d'envoi. Bref, pas tout à fait la configuration rêvée, et après concertation avec Jean-François Bonnin, nous en avons conclu qu'il était inutile, voire dangereux de me mettre dans une situation difficile à peine la ligne de départ franchie. La fenêtre suivante semble se dessiner autour du 4 novembre, ce qui me permettrait de partir à l'arrière du front froid sous l'effet d'une poussée anticyclonique. Le 4 novembre, c'est aussi le jour des élections ici, peut-être est-ce bon signe ? Un vent nouveau soufflera-t-il sur l'Amérique ? En attendant, je ne reste pas les bras croisés à me lamenter sur les pontons... Hier je me suis retrouvée à bord de Sympatico, superbe yacht classique propriété de Tom McGowan, et nous avons passé l'après-midi dans la Baie de San Francisco, à tirer quelques bords très dynamiques, incluant quelques empannages pour le moins rock'n roll ! Suite au prochain épisode... je piaffe, vous piaffez, ils piaffent, mais rien de sert de courrir, il faut partir à point.

26-10-2008
Retour à la case départ
Cette fois n'était pas encore la bonne ! Vendredi matin nous nous étions donné rendez-vous sur les pontons du Corinthian Yacht Club, après un dernier point météo, et tout laissait à penser qu'un départ était envisageable à la mi-journée ce 24 octobre. J'ai donc largué les amarres vers 9 heures,heure locale et l'équipe après avoir serrés longuement les uns et les autres dans mes bras, et nous sommes rendus du côté de Bonita Point à la sortie de la Baie San Francisco en espérant attraper un vent qui nous le savions déjà, ne monterait pas au-delà des 10 noeuds, mais que nous espérions suffisament stable pour me permettre de m'éloigner des côtes américaines au plus vite. Arrivé sur site, j'ai déployé la Nova 3 et pendant quelques heures je me suis battu avec un vent qui n'a jamais réussi à s'établir. A 15H30, les conditions faiblissant et le vent tombant à 6 noeuds il m'a fallu prendre la décision de rentrer à terre la mort dans l'âme. La déception était grande en regagnant la marina du Corinthian Yacht Club hier soir, mais ceux qui se trouvaient encore sur les pontons à mon retour ont tous trouvé les mots pour me redonner très vite le sourire... C'est souvent l'impatience de gagner qui fait perdre disait Louis XIV, je patienterai donc le temps qu'il faudra pour partir dans de meilleures conditions. Nous avons refait un point météo avec Jean-François dès ce matin, avant qu'il ne s'envole pour la France... A priori le week-end va être estival sur San Francisco, une situation inhabituelle en cette saison , et je n'envisage donc pas de départ avant le début de la semaine prochaine. Dès que j'en saurai un peu plus je vous tiendrai informé bien-sûr.

24-10-2008
Départ reporté
Ce jeudi matin, rendez-vous était donné sur les pontons du Corinthian Yacht Club, mais après un dernier point météo avec Jean-François, le routeur du Défi Adrien, nous avons pris la décision de reporter le départ de 24 heures. En effet, les conditions de vent étaient tout juste réunies pour un éventuel départ dans la matinée mais les cartes annonçaient toutes une accalmie 6 heures plus tard, et aucun de nous ne voulait prendre le risque de me voir encalminée à la tombée de la nuit dans le rail des cargos. Comme l'a très bien dit Peter Hogg qui nous accompagne depuis notre arrivée à San Francisco sur toutes nos sorties en mer, je vais être d'ici peu pour quelques mois en mer, inutile de se précipiter, je ne suis pas à une journée près. Il faut parfois savoir prendre de sages décisions, même si la déception pouvait se lire sur certains visages. Une telle aventure est avant tout une question de bon sens et quitte à endurer quelques journées de "pétole" autant que ce soit le plus tard possible et surtout dans des zones moins risquées et plus éloignées des côtes. Nous en avons donc profité de cette journée supplémentaire à terre pour faire un dernier check-up , sachant que vendredi matin à 9 heures, heure locale, je larguerai les amarres avec un vent de nord, nord ouest forcissant dans la journée. Dernières heures à terre pour moi... et dernière nuit dans un lit confortable. Le moral reste au beau fixe, je savoure chaque instant, mais il est clair que depuis quelques jours déjà j'ai l'esprit ailleurs. Il me tarde de laisser dans mon sillage la silhouette élancée du Golden Gate et les brumes de San Francisco. Merci à Sylvain Baillé qui en dernière minute a réalisé deux trims supplémentaires qui semblent être à toute épreuve mais dont j'espère ne pas avoir à me servir. L'un de mes trims ayant en effet rendu l'âme lors d'une de nos dernières sortie en baie de San Francsico, il m'a semblé prudent d'en embarquer plus que pas assez, d'autant que ce n'est pas pour le poids que cela représente. Prochaines nouvelles depuis le Pacifique...

21-10-2008
Le Défi Adrien passe en code orange
Et voilà ! Tout arrive à point à qui sait attendre, et cette fois ça y est ... Nous y sommes ! Jean-François Bonnin et moi avons longuement étudié la météo ces derniers jours, et une belle fenêtre se profile pour un départ en milieu de semaine. Du coup l'agitation règne au sein de la ruche, nous sommes tous concentrés sur les derniers préparatifs, les derniers petits ajustements sur l'OceanKite, les dernières courses au supermarché (le beurre de cacahuète et le chocolat remplissant à eux seuls la presque totalité de mon caddy). Jeudi 23 octobre en fin de matinée je franchirai le pont du Golden Gate, le regard tourné vers le large, en route pour la Polynésie Française... Sacrée aventure que celle qui se dessine, belles rencontres que celles qui ont permis de voir naître ce challenge, fortes émotions en prévision dans les mois à venir. Que demander de plus ? Maintenant c'est à moi de jouer... Les kites sont affutés, la dérive qui faisait des siennes est au point, et je savoure chaque matin ma douche chaude qui bientôt ne sera plus qu'un lointain souvenir. Je pars l'esprit relativement serein car je me sais entourée d'une équipe solide qui à terre restera à mon écoute comme elle l'a fait jusqu'à présent. Je tiens d'ailleurs tout particulièrement à remercier, Peter, Ronan, Claire, Jeff et Emma qui n'ont pas hésité à mettre la main à la pâte ces derniers jours. Sans oublier les dirigeants et membres du Corinthian Yacht Club qui nous ont réservé un accueil à la hauteur de celui des gens de mer et ont tout fait pour faciliter notre séjour. San Francisco restera certainement un moment fort de ce défi. Suite au prochain épisode...

20-10-2008
Que du plaisir
Hier après avoir attendu toute la matinée que l'épais brouillard qui avait envahit la Baie ne disparaisse, j'ai enfin pu aller tirer quelques bords entre San Francisco et Sausalito et m'essayer pour la première fois dans les eaux du Pacifique... Un vrai régal ! Vent de secteur ouest nord ouest, 20 à 25 noeuds... Je pouvais difficilement rêver de meilleures conditions et nous avions tous un sourire jusqu'aux oreilles en voyant l'aile de 13m² décoller avec aisance entraînant l'OceanKite sur une mer très décousue, mais ô combien divine ! Il a fallu jouer un peu tactique car comme je le mentionnais dans une précédente news, la circulation dans la Baie était intense et il me fallait rester extrêment vigilante, prête à virer de bord face aux cargos et ferry qui se croisaient dans un ballet infernal mais relativement bien synchronisé. De nombreux voiliers sont venus tirer des bords autour de mon embarcation et je pouvais lire l'incrédulité qui s'affichait sur la plupart des visages... C'est sûr, je ne suis pas passée inaperçue, et j'imagine que les conversations au retour à quai ont du aller bon train. Tout est au point pour le départ. La dérive qui refusait de coopérer après la mise à l'eau a été poncée d'une main de maître par Ronan et Peter, et devrait encore subir quelques ajustements dans les jours à venir afin d'être parfaitement opérationnelle le jour du départ. Jean-François le routeur du Défi Adrien nous a rejoint il a quelques jours et désormais nous avons les yeux rivés sur les cartes météo et envisageons toujours un départ le vendredi 24 octobre... L'humeur est au beau fixe, l'ambiance très détendue, pour preuve la photo en vignette et je profite de mes derniers jours à terre pour me détendre un peu et enmagasiner quelques kilos supplémentaires. Tâche relativement aisée ici, les portions des assiettes étant très copieuses et le vin californien tout à fait à la hauteur de sa réputation. Bientôt lyophilisé et eau dessalinisée... Rien ne sert de se priver dès maintenant.

17-10-2008
Coup de théâtre !
La journée d'hier a été quelque peu mouvementée, et il m'a fallu une bonne dose d'anti-stress pour gérer les événements au fur et à mesure des heures qui s'écoulaient. J'ai bien cru que le container dans lequel se trouvait l'OceanKite finirait ses jours quelque part dans les entrepôts de Oakland, oublié de tous, mais finalement à quelques minutes de la fermeture des bureaux des douanes, coup de théâtre ! Le tampon autorisant sa libération et m'ouvrant ainsi les portes du Pacifique a été apposé sur les papiers adéquats... Il a suffi d'un geste pour que d'un seul coup d'un seul je retrouve le sourire. L'aventure dans l'aventure... On oublie parfois que tout ne se joue pas seulement sur l'eau et qu'il faut souvent des nerfs solides pour affronter les impondérables à terre qui semblent parfois aussi insurmontables qu'une journée de pétole molle. Enfin, l'essentiel est que le bateau soit désormais ici, et que les jours à venir s'annoncent plutôt denses et concrets. Cette fois, ça y est, je peux entrevoir de façon assez précise la date de lancement du Défi Adrien : Départ, entre le 23 et le 25 octobre dépendemment de la fenêtre météo évidemment, ça commence à sentir bon l'air marin. La petite équipe m'a rejoint hier à San Francisco et nous n'attendons maintenant plus que Jean-François Bonnin, le routeur du challenge pour regarder d'un peu plus près les cartes météos et définir au plus juste le jour J. Je peux rassurer toute l'équipe de Marinesat... L'ordinateur marinisé qu'ils ont mis à ma disposition me sert tous les jours et je ne peux même pas imaginer mes journées sans aller vérifier les cartes météo une bonne vingtaine de fois ! Le temps n'est donc plus à la farniente, l'a t-il été d'ailleurs, depuis que l'OceanKite a été débarqué de son container par Jim Leech entouré de l'équipe super efficace des chantiers Andersons de Sausalito. En à peine une demie heure mon embarcation était sortie de sa boîte avant d'être installée sur un ber, et à peine une heure plus tard le personnel s'afférait autour de l'OceanKite pour le poncer dans un premier temps avant d'apposer les deux couches d'antifouling qui devraient empêcher l'invasion des colonies d'anatifes et m'éviter ainsi d'aller barboter au milieu du Pacifique pour gratter la coque. Affaire rondement menée, efficacité hallucinante, nous en étions tous bouche bée en regagnant l'hôtel. Y a pas à dire, c'est l'Amérique !!! Il n'y a qu'ici que l'on voit ça. Cela dit, je relativise car ce n'est pas le moment de m'habituer à être traiter comme une Princesse. Bientôt je réenfilerai la panoplie de Cendrillon et je gérerai moi-même mon quotidien sans âme qui vive à des lilliers de milles à la ronde. Prochaine étape de l'aventure : navigation dans la Baie de San Francisco... Quand le rêve devient réalité ! Cela dit, mère nature a décidé de nous jouer des tours, car depuis hier, le vent semble s'être évanoui. Eh oui, ça se mérite un voyage tel que celui que je vais entreprendre !

14-10-2008
Jour J - 10
La météo est décidément estivale par ici, et les conditions pour naviguer dans la Baie ont depuis mon arrivée ici toujours été excellentes... Dommage, je suis pour l'heure toujours à pied mais la bonne nouvelle est que le cargo transportant l'OceanKite est arrivé comme prévu samedi dans la journée dans le port de Oakland. Il me faut maintenant attendre le bon-vouloir des douaniers américains et le tour sera joué. En observant les bateaux dans la Baie tous les jours, je constate qu'il y a quand même ici des privilégiés qui peuvent tirer des bords presque toute l'année sans se poser de question ! Un luxe dont je suis sûre, ils ne se rendent même plus compte !!! Cela dit, la solitude dans la région n'est pas d'actualité et quelques soient les jours où je me suis postée sur le front de mer, il y avait toujours foule sur l'eau. Entre les cargos qui entrent et sortent du port, les ferrys qui font des allers et retours incessants entre San Francisco, Sausalito, Tiburon et quelques autres lieux tourisitiques, les bateaux chargés à craquer de touristes, les voiliers et les vedettes offshore qui circulent à pleine vitesse, tout ça ressemble quand même beaucoup au périphérique parisien aux heures de pointe un jour de grève. Il va falloir rester vigilant et éviter tout incident avant le départ lors de nos premières sorties. Au Corinthian Yacht Club tout est prêt pour recevoir l'OceanKite. Il risque de se retrouver un peu dépassé par ses voisins un peu plus imposant que lui, car par ici on ne fait pas dans le "mini" , mais plutôt dans le "maxi". Les 5,50 mètres de mon embarcation me sembleront bien petits lorsque je me retrouverai à tirer des bords autour du Faucon Maltais ancré juste à la sortie du port de Sausalito. Le maxi yacht est étonnant, c'est le moins qu'on puisse dire... Autant par sa taille, son armature que son look futuriste. Lorsque l'on sait que ses trois mâts haut de 58 mètres abritent 15 voiles d'une surface totale de 2400 mètres carré, c'est sûr, ça laisse rêveur ! Mais bon, à chacun ses aventures, à chacun ses budgets aussi, n'est pas Tom Perkins qui veut !!! Pour l'heure je me contenterai de mes lignes de 30 mètres, de mon kite de 16m2 et de ma cabine de 1 mètre cube, question d’habitude dirons-nous.

10-10-2008
J'attendrai...
Après ces dernières semaines plutôt agitées en France, il est étrange de se retrouver un peu désoeuvrée en Californie. Désoeuvrée n'est peut-être pas le terme exact, mais quand même, ces derniers jours ont été pour le moins, calmes : nous sommes dans l'attente. L'attente de l'OceanKite. En effet, le cargo devant me livrer mon embarcation à San Francisco a pris une bonne semaine de retard et bien que je doute que le manque de vent soit dans son cas responsable de ce délai, le résultat est le même : il nous faut attendre la livraison de l'OceanKite en essayant tant bien que mal de prendre notre mal en patience. Rien que l'on ne puisse faire aujourd'hui pour accélérer les choses, inutile donc de se prendre la tête, il y aura bien d'autres occasions pour cela dans les prochains mois. Pour l'heure, je me retrouve donc à scruter la Baie de San Francisco depuis les pontons du Corinthian Yacht Club de Tiburon, tout en gardant un oeil rivé sur les bulletins météo. Les conditions dans la Baie de San Francisco sont en générales plutôt molles le matin puis au fur et à mesure de la journée, le vent se lève et les conditions deviennent alors dynamiques avec un vent avoisinnant parfois les 25 noeuds. Il semble donc que je n'ai pas trop à m'inquiéter d'une éventuelle "pétole" dès lor que j'aurai récupéré mon flotteur et qu'il me sera possible de tirer quelques bord entre l'Alcatraz et le Golden Gate. Jean-François Bonnin qui sera à nouveau le routeur de ce challenge doit me rejoindre d'ici une semaine avec une petite partie de l'équipe. Nous pourrons ainsi définir au mieux la fenêtre de départ idéale, c'est à dire dans mon cas, suffisamment de vent pendant 72 heures au minimum pour me permettre de dégager de la côte au plus vite. Il ne me reste plus maintenant qu'à espérer que le passage du container aux douanes se fera sans souci... Ca n'est jamais gagné, d'autant que le look de mon embarcation peut en laisser certains rêveurs. Prochaines nouvelles dès que possible... Le plus vite sera le mieux... Ce sera bon signe !

26-09-2008
Je n'aurai pas le temps...
« Même en courant plus vite que le vent… Plus vite que le temps… Même en volant, je n'aurai pas le temps ! » C’est vraiment l’impression que me laissent les derniers jours qu’il me reste à passer en Bretagne… Il n’est plus temps de rien, sinon de cocher consciencieusement mes listes au fur et à mesure des tâches accomplies et d’en tirer une certaine satisfaction, celle de se dire que, rien n’aura été laissé au hasard. Tout semble donc prêt. A moi de jouer désormais ! Il ne me reste plus qu’à récupérer l’OceanKite à San Francisco et larguer les amarres ! Ca semble tellement simple dit comme ça. La fenêtre météo idéale qui décidera du jour du départ de cette nouvelle odyssée, l’impatience du coup d’envoi, la ligne de départ enfin … Et puis l’océan pour seul horizon pendant des semaines et des semaines… Difficile de définir ce mélange d’excitation et d’inquiétude à l’approche du jour J, même s’il n’est pas très différent de ce que j’ai déjà vécu lors de mes précédents départs sur l’Atlantique. Ais-je encore bien les pieds sur terre ? Certains autour de moi semblent en douter ! Moi-même, je n’en suis plus très sûre, l’océan est tellement présent autour de nous. Dans quelques jours je m’envole pour les Etats-Unis et si les douanes américaines se montrent conciliantes, je devrais récupérer l’OceanKite vers le 10 octobre pour le mettre à l’eau au Corinthian Yacht Club. Au programme sont déjà prévues quelques sorties en Baie de San Francisco afin de régler les derniers détails et de réaliser des photos et images vidéos. Je sens les starting-blocks me chatouiller la plante des pieds… et j’ai du mal a cacher ce sourire qui semble ne plus vouloir quitter mes lèvres. La première étape de ce challenge a été gagnée, et dieu sait si la route à été souvent chaotique pour arriver jusqu ‘à là ! Dès la fin de semaine prochaine la carte du parcours sera mise en ligne sur le site et vous permettra de suivre pas à pas l’OceanKite sur le Pacifique. Je continuerai bien entendu à vous raconter ce voyage et ce, de façon plus régulière dès que je prendrai le large. Les prochaines nouvelles seront donc « made in California ». En attendant bon vent à toutes et à tous…

15-09-2008
Les pieds sur terre… La tête déjà sur l’eau !
J’avais imaginé pouvoir souffler un peu après le départ de l’OceanKite par cargo à destination de San Francisco, mais il me semble aujourd’hui que tout cela était bien illusoire. Le rythme des journées reste très soutenu et il nous faut encore et toujours courir après ce temps qui passe et qui, tel une peau de chagrin, diminue chaque jour, nous laissant toujours le sentiment de ne pas en avoir fait assez, de ne pas avoir rentabilisé au maximum les heures écoulées. Les listes de « trucs primordiaux à faire en urgence », « personnes à contacter immédiatement », « rendez-vous importants à ne surtout pas oublier », « achats indispensables avant le départ » fleurissent un peu partout, et l’effervescence de ces dernières semaines précédant mon envol pour les Etats-Unis ne laisse pas beaucoup de temps à la réflexion. Lors d’une récente interview, un journaliste me demandait si je ne ressentais pas une quelconque appréhension à l’idée de l’inconnu qui m’attendait sur cette route ? Non, je n’éprouve pour l’heure aucune appréhension, je n’ai eu ni le temps ni l’occasion de me poser de question à ce sujet, mon énergie étant canalisée avant tout et surtout sur le départ. De la curiosité, et cette démangeaison qui nous titille presque tous à la veille des grands départs…Voilà ce que je ressens lorsque j’essaye de visualiser la ligne qui marquera le début de mon voyage. De l’excitation aussi ! En attendant, les principaux événements du moment se passent encore à terre. Aujourd’hui, mardi 16 septembre dans l’après-midi, la conférence de presse du Défi Adrien se déroulera à la Commanderie du Clos Montmartre à Paris en présence du parrain du Défi Adrien, Jean-Luc Van Den Hedde. C’est également dans ce lieu étonnant, en plein cœur de la capitale, que se tiendra le PC course et que, pendant ma traversée, seront organisées plusieurs vacations téléphoniques avec les enfants des écoles du 18ème arrondissement. Certaines de ces vacations seront mises en ligne sur le site tout comme une carte du parcours qui devrait bientôt voir le jour. Nous y travaillons actuellement avec Hervé, le webmaster. A compter du jour où je larguerai les amarres depuis le Corinthian Yacht Club dans la Baie de San Francisco, cette carte sera mise à jour très régulièrement et vous permettra de suivre la constante progression de l’OceanKite vers la Polynésie Française. Il ne reste maintenant plus qu’à espérer des conditions météos favorables car malgré une préparation minutieuse, c’est bien dans ce domaine que réside l’inconnu… C’est aussi ce qui donne à l’aventure cette saveur particulière ou se mêlent tant d’émotions.

28-08-2008
L’OceanKite mis en boîte !
Après de longs mois passés au grand air entre Quiberon et La Forêt Fouesnant, l’OceanKite est désormais enfermé pour quelques semaines dans un conteneur qui, d’ici quelques jours, sera chargé sur un cargo en partance pour San Francisco. Protégé sur chaque bord par des airbags et sécurisé comme il se doit par l’équipe de Martin Montoir, il devrait débarquer aux Etats-Unis d’ici un mois pour y découvrir les eaux du Pacifique ainsi que le mythique Golden Gate. Le Golden Gate, dieu sait le nombre de fois où je l’ai déjà traversé, mais je n’avais jamais imaginé l’aborder de cette façon !!! Avec un peu plus de 60 mètres de hauteur sous le pont, je devrais pouvoir y faire évoluer mon aile de kite et prendre quelques clichés historiques … Images inoubliables que j’espère bien pouvoir vous faire partager sur le site avant le grand départ pour Tahiti. Le défi Adrien semble maintenant avoir pris son élan et nous étions tout sourire lorsque les portes du conteneur se sont refermées sur mon embarcation… Ce scénario bien qu’ayant des airs de déjà vu était une fois encore chargé d’un tas de symboles. Il est en effet l’aboutissement de deux années de travail au cours desquelles les doutes, les espoirs, les rêves et parfois les déconvenues se sont côtoyés et emmêlés pour aboutir à cette réalité que l’on avait imaginé. Aujourd’hui, une nouvelle page voit le jour dans ce livre fourmillant déjà d’une multitude de souvenirs… Je tiens tout particulièrement à remercier Ronan, qui au cours des deux dernières semaines s’est démené comme un fou aussi bien sur l’eau pour réaliser les photos (disponibles sur le site à la page Défi) qu’à terre pour réparer les quelques défaillances techniques survenues en dernière minute.

21-08-2008
Derniers essais en baie...
Non, je n’étais pas partie en vacances me prélasser sous les cocotiers mais il se passe tellement de choses par ici que je n’ai pas eu le temps de mettre les nouvelles du site à jour. Les ultimes détails à régler prennent un temps fou, et pour compliquer un peu les choses, lors des derniers essais en Baie de La Forêt il y a eu un peu de casse au niveau du matériel. Rien de très grave, mais bien bien évidemment je m’en serais passée! Cela dit, à tout prendre, il faut mieux que cela casse maintenant alors que je peux encore courir de droite et de gauche dans les magasins d’accastillage et les chantiers du coin, plutôt que sur le Pacifique, lorsque je serai seule à quelques milliers de milles des côtes. Du coup, après avoir mis les bouchées doubles ces derniers mois, nous en sommes désormais aux bouchées triples ! A quand les quadruples ? Dans une semaine l’OceanKite embarque sur un cargo à destination de San Francisco. Une semaine pour tout régler à bord, c’est comme si c’était déjà demain, et cela ne nous laisse plus beaucoup de temps pour penser à autre chose. Cela dit, ce n’est pas très différent de l’agitation qui régnait avant mes trois précédents défis, et au milieu de toute cette fièvre je me concentre maintenant sur ce jour où je verrai enfin d’un côté le rivage s’éloigner et de l’autre, l’immensité de l’océan se rapprocher. Cet instant magique du départ, c’est aussi pour cela que nous nous acharnons des mois durant à terre, c'est pour cela que nous nous battons parfois contre vents et marées... Cet instant magique du départ, c'est celui qui donne vie à nos rêves.

27-07-2008
L'OceanKite fait peau neuve...
L’OceanKite est entrain de revêtir ses nouvelles couleurs et c’est un peu comme s’il retrouvait une nouvelle jeunesse.
Depuis ma rencontre avec les dirigeants d’Adrien, tout a été très vite et il a fallu jouer avec un compte à rebours qui continue inlassablement à égrener les heures et se moque bien de cette course contre la montre dans laquelle nous sommes lancés.
Dans un peu plus d’un mois l’OceanKite embarquera depuis le Havre sur un cargo à destination de San Francisco, autant dire que pour nous, c’est comme si c’était demain.
D’ici là pourtant, il reste encore de nombreux détails à régler et quelques ailes à faire voler dans la Baie de La Forêt Fouesnant.
C’est fou le temps que prennent les moindres changements et adaptations sur le flotteur. Il faut sans cesse bricoler à partir de ce qui existe, pour transformer et façonner à sa patte afin de trouver la solution idéale.
Pour ce qui est des ailes, mon choix s’est finalement porté sur celles fabriquées chez Takoon et plus particulièrement, la Enova2 ainsi que la Nova3, récemment sortie sur le marché.
Les performances de l'une et de l'autre en vol ainsi que la facilité de redécollage m’ont convaincu tout comme les finitions qui peuvent sembler un détail, mais qui devraient me permettre de naviguer jusqu’à la Polynésie Française sans accroc.
Reste maintenant à définir les différentes tailles de kites embarqués. Probablement de 11m² à 20m², avec une taille intermédiaire de 16m². Les plages d’utilisation des ailes nouvelle génération étant beaucoup plus larges aujourd’hui que ça n’était le cas en 2006 lors de ma transatlantique en kite, cela devrait me permettre d’en embarquer moins que précédemment et donc de gagner en poids et en espace de rangement.
Toujours ça de pris sur ma petite embarcation de 5,50 mètres dans laquelle il va falloir bon gré mal gré charger, 3 mois de nourriture, autant de vêtements de rechange, et de matériel nécessaire à une traversée autonome et sans escale.
D’ici quelques jours l’OceanKite pourra à nouveau se montrer au grand jour, et les navigations reprendre pour quelques semaines encore…
Bon vent a tous !

16-07-2008
Champagne !!!
Un sponsor principal à nos côtés pour ce nouveau challenge sur le Pacifique et pas des moindres… Bien difficile de cacher notre sourire ces derniers jours et de faire comme si de rien n’était !!!
Après un hiver digne d’un parcours du combattant, alliant les entraînements sur l’eau, la mise au point de l’OceanKite à une laborieuse chasse aux partenaires financiers bien souvent vaine, il devenait de moins en moins facile de prendre les choses avec philosophie.
Les doutes et les angoisses concernant les galères financières, les éternels exercices de haute voltige pour éviter les factures salées commençaient à entamer mon moral pourtant habitué à l’épreuve des chocs.
Et puis, il a suffi d’une rencontre inattendue provoquée par un ami commun, JL Van Den Heede, marin émérite et recordman du tour du monde à l’envers, pour que tout se précipite. Une rencontre improvisée, bien loin des opérations de relations publiques habituelles, et qui ne présageait rien de la suite des événements en ce début de mois de juillet.
Aujourd’hui, c’est avec un sourire aux lèvres (et les mains dans l’epoxy) que je vous annonce la présence à nos côtés de ADRIEN, entreprise de défis s’il en faut, et dont la Transpacifique en kite portera désormais les couleurs puisqu’elle devient sponsor principal.
Pour mémoire, ADRIEN était partenaire de Jean Luc Van Den Heede (VDH) lors de son incroyable record du tour du monde à l’envers et en solitaire.
C’est donc en toute logique qu’après cette collaboration, qui s’est achevée avec l’arrivée triomphale du marin aux Sable d’Olonne, que l’entreprise nantaise se lance dans ce nouveau challenge.
L’océan Pacifique n’est pas un terrain étranger à la société puisqu’ ADRIEN est le premier employeur du nord du Pérou dans l’industrie de la pêche et la transformation du poisson.
Son objectif là-bas s’inscrit dans une démarche de pêche responsable et l’entreprise par le biais de son dirigeant, René Adrien, travaille actuellement sur une reconnaissance Bureau Veritas qui prend en compte les recommandations de la FAO de 1995. En France, chez FRANCE TURBOT, elle oeuvre pour une aquaculture responsable et de qualité avec le turbot LABEL ROUGE.
L’océan est donc ce qui nous lie avant tout, mais au-delà de celui-ci, c’est aussi le partage des valeurs qui font la force d’une aventure qu’elle soit en mer ou à terre.
La confiance que me témoigne ADRIEN au travers de cet engagement en est déjà la preuve…
Très bientôt les photos de l’OceanKite sous ses nouvelles couleurs…

10-07-2008
La métamorphose de l’OceanKite...
Depuis quelques jours, les séances de ponçage se suivent et se ressemblent toutes… Pas question de flancher, l’OceanKite doit faire peau neuve avant de revêtir ses nouvelles couleurs.
Nous sommes donc engagés dans une course contre la montre sachant que l’activité « ponçage » n’engendrant en général pas l’enthousiasme des foules, je me retrouve déjà « en solitaire et sans assistance » sur le tarmac du port de La Forêt Fouesnant. La pluie étant de la partie je n'ai cela dit, pas à me plaindre de la chaleur en cette saison, soi-disant estivale.Comme quoi, le malheur des uns fait bien le bonheur des autres !
Les événements de ces derniers jours ont été intenses et la semaine prochaine je pourrai enfin vous dévoiler le nom qui sera désormais celui du challenge sur le Pacifique.
Eh oui, une nouvelle page vient de s’ajouter à celles déjà rédigées depuis l’annonce de ma transpacifique, une page née d’une rencontre aussi étonnante qu’inattendue, mais qui promet déjà l’ écriture d’une très belle histoire.
Inutile de vous dire que je me sens pousser des ailes et que je peux désormais envisager le départ de San Francisco, très sereinement... Rendez-vous ici même la semaine prochaine !

30-06-2008
L'équipe s'agrandit...
Bonne nouvelle en ce début d’été, le Défi 2008 accueille deux nouveaux partenaires qui viennent se joindre à ceux déjà dans la course.
Tout d’abord le laboratoire YSLAB qui possède de multi compétences dans différents domaines : ophtalmologie, odontologie, hygiène, bien-être… et qui s’attache aujourd’hui à développer le potentiel des actifs marins.
Et puis, la Société COUSIN TRESTEC qui m’apporte son soutien technique en me fournissant les lignes en dyneema reliant les ailes au flotteur. A raison de 35 mètres par ligne, de 4 lignes par aile, et de 5 ailes embarquées, cela représente quelques mètres de nœuds potentiels !
L’OceanKite quitte la Baie de Quiberon cette semaine pour regagner son port d’attache du côté de Port La Forêt afin d’y subir ses modifications finales.
Rien d’exceptionnel dans les derniers travaux à effectuer, mais il est grand temps de finaliser les ultimes détails sur le flotteur, d’installer l’enrouleur essayé il y a quelques semaines sur l’eau, ainsi que la batterie alimentant les instruments de navigation et le très précieux dessalinisateur.
En effet, pas question d’embarquer 400 litres d’eau pour les 90 jours estimés de la traversée du Pacifique. Je remets donc en service le dessalinisateur qui m’a été indispensable lors de mes trois précédents défis et qui est actuellement entre les mains de Mr Taillefer spécialiste en la matière, incontournable figure de nos challenges qui s’assure du parfait fonctionnement de l’appareil avant le grand départ.
Plus de dessalinateur, cela veut dire plus d’eau à bord… Et plus d’eau à bord cela veut dire… Plus de traversée ! C’est aussi simple que cela !
Inutile de vous dire que lors de mes transatlantiques, c’est l’instrument dont j’ai pris le plus grand soin et que je sèchais amoureusement lorsque la moindre goutte d’eau de mer venait se glisser dans son compartiment étanche.
Bref, l’horizon semble se dégager après les longs mois de l'hiver, et nos esprits sont maintenant tournés vers la côte ouest des Etats-Unis et de San Francisco plus particulièrement.
D’ici là, il y a encore un peu de chemin à parcourir, et certainement quelques nouveaux obstacles à contourner, mais pour l'heure, l’humeur est au beau fixe et le sourire au rendez-vous !
Vendredi 04 juillet, je serai en direct sur Europe 1 à partir de 19H15 en compagnie d’Eric Hussenot, directeur d’Oceanopolis et de François Cuillandre, Maire de Brest.
Bon vent à ceux qui prennent le chemin des vacances, et bon courage aux autres…

16-06-2008
Et alors... Quoi de neuf ?
A quatre mois du départ, l’aventure commence à montrer son vrai visage, et chacun à notre mesure nous continuons de la façonner jour après jour…
La pression monte au fur et à mesure du temps qui passe et je compte et recompte inlassablement les semaines qui me séparent du départ espérant peut-être au passage en récupérer une ou deux que j’aurais égarées par inadvertance, mais… Rien n’y fait, le jour J étant prévu fin octobre/ début novembre au plus tard, il faut faire avec le timing qui me reste et prévoir des journées parfois très longues et des nuits à cogiter encore et toujours sur l’idée géniale que j’espère voir jaillir soudainement.
Il y a une certaine fébrilité à vivre cette dernière ligne droite avant le grand départ, un peu d’inquiétude aussi de la part de ceux qui m’entourent, et bien que je n’en sois pas à mon premier voyage océanique, il n’en reste pas moins que la part d’inconnu de ce nouveau défi n’est pas pour rassurer les uns et les autres.
La route n’est pas des plus faciles c’est sûr, et les différents systèmes météos rencontrés sur le parcours seront certainement plus complexes que ceux croisés lors de mes précédentes transatlantiques, mais n'est ce pas l'intérêt de ce nouveau voyage ? Jean-François Bonnin, mon routeur a d’ailleurs fait à ce sujet un petit topo que vous trouverez sur la page du Défi 2008 dans la rubrique « météo »… Les néophytes devraient même pouvoir comprendre de quoi il en retourne !
La bonne nouvelle de ces derniers jours est que le vent est de retour par chez nous et que je peux enfin quitter les paperasseries et autres tracasseries inhérentes au challenge pour m’aérer sur l’eau et finaliser enfin le choix des ailes embarquées.
Les jeux sont pour ainsi dire faits à ce sujet, mais je veux profiter des 15 nœuds annoncés d’ici la fin de la semaine pour confirmer mon choix et ne plus avoir le moindre doute à ce sujet.
Idem pour les cerfs-volants que j’ai testé les deux pieds bien ancrés dans la vase du côté de La Forêt Fouesnant et qui se sont avérés très efficaces…. Mes talons s’en souviennent encore !
Prochain retour au chantier prévu pour l’OceanKite après les Festivités de Brest 2008, où je suis invitée à naviguer du 11 au 17 juillet.
Pour les infos, c'est par ici Brest 2008.

Bref, pas de vacances cette année… Il sera toujours temps d’y songer en 2009 !
Merci à Olivier Lescanne pour son soutien. Tout commence par une petite goutte d’eau dans ce monde de l’aventure fait de gens étranges et passionnants …

05-06-2008
A terre, la vie s’organise…
Ces dernières semaines ont été un peu plus terrestres que maritimes à mon goût mais il faut bien gérer la logistique que nécessite mon prochain départ sur le Pacifique, et les allers et retours sur Paris se sont intensifiés m’éloignant momentanément de la Baie de Quiberon et de mes sorties en mer.
C’est officiel maintenant, le PC course parisien pendant toute la durée de ma Transpacifique sera établi à la Commanderie du Clos-Montmartre, en plein cœur de Paris dans le XVIIIe arrondissement.
Cet endroit, pour le moins étonnant abrite un vignoble qui est administré par Gilles Guillet, le Grand Maître entouré de son conseil et qui tient d’une main de fer dans un gant de velours les mannes du passé et les rêves d'avenir du vin de Montmartre.
Ce petit miracle montmartrois, logé dans une ancienne fontaine à eau sera ouvert au public pendant les trois mois de ma traversée. Il abritera une exposition photo ainsi que les films concernant mes précédents défis sur l’Atlantique, et surtout il permettra aux enfants des écoles de venir échanger avec moi sur mon voyage lors de vacations téléphoniques hebdomadaires.
Il sera le lien entre la terre et l’océan et avant tout un lieu d’échange.
En parallèle nous mettons en place un PC course en Bretagne, très probablement dans un lieu aujourd’hui à la pointe dans le domaine océanographique, et dont j’aurai l’occasion de vous parler plus en détail très prochainement. Quant au budget de la traversée, il n’est à ce jour pas encore totalement bouclé et il reste bien sûr l’une de mes priorités, un combat quotidien. J'ne profite d'ailleurs pour remercier ici tous ceux qui se démènent pour faire avancer le projet et qui me soutiennent à la mesure de leurs compétences et m'encouragent grâce à leur indéfectible soutien.
Difficile aujourd’hui d’être au four et au moulin tout à la fois... Pourtant, il faut que je trouve le temps d'aller sur l'eau dès que la météo se fait favorable, car si le flotteur est pour ainsi dire prêt à prendre le départ de San Francisco, il me reste encore du matériel à tester avant de faire un choix définitif.
Bref, pour l’heure, à chacun son ciel… L’important au final est bien de trouver le vent, non ?
(photo en vignette du vignoble de Montmatre à Paris)

13-05-2008
Mais où est passé ce foutu vent ?
« Pétole molle » dans la Baie de Quiberon toute la semaine dernière, et les jours prochains ne semblent pas être agités par le moindre souffle non plus !
Peut-être va-t-il falloir songer à la navigation au moteur, quoiqu’avec le prix de carburant qui ne cesse d'augmenter, l’aile de kite paraît quand même nettement plus économique... Plus aléatoire également !
Tristes mines pour les « voileux » de tous poils qui comme nous ont passé des heures entières à scruter l’horizon, à implorer Eole et ses sbires, et à croire qu’à la moindre ridule sur l’eau et au moindre petit souffle d’air ça allait le faire…
Nous sommes restés pour la plupart au bistrot, rongeant notre frein et accusant ciel et terre de ne pas nous accorder la moindre clémence.
Impossible de décoller les ailes de kite à moins de 8 nœuds; le vent n’étant jamais monté au-dessus des 5 nœuds, la question a été vite réglée et les sourires du début de semaine,rapidement rangés au fond des poches…
Cette situation m’a rappelé quelques mauvais souvenirs de ma traversée de l’Atlantique Nord en kite où, sur les 55 jours de mer j’avais supporté environ 15 jours de grands calmes.
Inutile de préciser que dans ces cas là, la guerre des nerfs est éprouvante, et que l’étroitesse de la cabine qui s’apparente alors à une cellule doublée d’une étuve rend les heures longues et très pénibles.
Ces derniers jours, j’ai malgré tout réussi à faire voler les cerfs-volants monofils confiés par Stéphane Blanco et qui, si les tests s’avèrent vraiment concluants devraient me permettre de continuer à marcher à 2 ou 3 noeuds lors de mes temps de repos à bord alors qu’il m’est impossible d’avoir un kite en vol dans ce cas.
Nous avons également continué à travailler à la mise au point de l’enrouleur et essayé de réfléchir à une meilleure rentabilité de l’engin.
Bref, les conditions météos n’ont peut-être pas été idéales pour nous, et il est vrai que la réputation de la Bretagne soi-disant, pluvieuse et venteuse en a pris un coup, mais ce n’est certainement pas cela qui va nous arrêter. Dès qu’Eole sera revenu à un peu plus de raison, nous irons en découdre avec lui avec un plaisir non dissimulé.
Prochaine sortie prévue dans l’Archipel de Glénan, l’un de mes terrains de jeu préféré.
Suite au prochain épisode…

03-05-2008
En quête d'idéal...
Semaine enrichissante pour l’avancée des travaux sur l’OceanKite puisque la rencontre à L’Ecole Nationale de Voile de Beg Rohu avec Maurice Grenier, s’est avérée fructueuse (photo dans l'encadré).
Il nous a présenté un système d’enrouleur de lignes qui, s’il s’avère à l’heure actuelle encore un peu lourd et nécessite certaines adaptations, pourrait malgré tout simplifier pas mal de manœuvres jusqu’alors complexes et parfois périlleuses en mer. Nos neurones sont donc toujours en pleine ébullition et chacun à notre manière, nous envisageons les améliorations possibles en vue d’optimiser les performances de l’OceanKite. Maurice a la précision de l’ingénieur, Antoine a pour lui son expérience d’enseignant de kitesurf, mais également ses nombreux tests sur des engins nautiques divers et variés, quant à moi, j’ai le souvenir de mes 8 semaines sur l’Atlantique Nord en kite en 2006 et la conscience des difficultés passées et à venir. Le tout est maintenant de mettre en pratique le travail accompli cette semaine, et ce sera bientôt chose faite. Retour à l’Ecole Nationale de Voile et essais sur le terrain prévus d'ici quelques jours … De toute façon, le terrain, il n’y a que ça de vrai même si les conversations autour d'une table sont parfois utiles (à doses homéopathiques). Bidouillages et bricolages sont donc encore d’actualité, mais nous sommes sur la bonne voie, et cette émulation est très motivante pour nous tous. Nous avançons pas à pas, mais que de chemin parcouru depuis quelques mois. Quant aux ailes, je continue mes recherches et mes essais pour dénicher celle qui me semblera être le meilleur compromis en fonction de la route choisie entre San Francisco et Tahiti. Le marché du kite propose aujourd’hui un choix assez varié de modèles, de nouvelles formes qui vantent toutes un certain idéal, mais malheureusement pour moi, le kiteboat restant une discipline « singulière », rien n’est vraiment adapté à mes besoin, et la aussi, il faut user nos méninges. Comme quoi, le sport ça n’est pas qu’une histoire de muscles… La réflexion ça aide aussi parfois ! Suite au prochain épisode…

25-04-2008
Joli mois de Mai ?... Pas l'idéal pour nous !
Les journées défilent à vitesse grand V, et j’aimerais parfois pouvoir arrêter les heures, me poser quelques minutes et prendre un peu de recul par rapport à ce tourbillon incessant dans lequel nous sommes pris.
Mais plus question maintenant de freiner la machine d’autant qu’avec tous les jours fériés que compte le mois de Mai, je sais d’avance que nous allons prendre du retard et qu’il ne sera pas simple de trouver des fournisseurs opérationnels.
Début de semaine prochaine je rencontre à L’Ecole Nationale de Voile de Quiberon un de ces bidouilleurs de génie qui semble avoir mis au point un système pour faciliter le décollage de l’aile de kite.
Si cela s’avère performant et facile à mettre en place à bord de l’OceanKite ce sera alors un énorme souci de moins à gérer... Autant dire que j’attends beaucoup de cette rencontre.
Il est prévu également dans les semaines à venir que je teste quelques cerfs-volants monofil de traction conçus par un autre génie dans son domaine, Stéphane Blanco.(Pour aller jeter un coup d’œil sur son site, c’est par ici : Manta Kite Sailing)
. Il n’en est pas à son premier coup d’essai et lorsque nous nous sommes rencontrés au Salon Nautique de Paris en décembre dernier, il m’a entre autre promis entre autre de rendre mes nuits sur l’eau plus confortables lors de ma traversée du Pacifique… Inutile de préciser qu’il n’en fallait pas plus pour me convaincre !
En effet, en mer, lorsque je m’accorde quelques heures de repos à bord de l’OceanKite, je suis obligée d’affaler l’aile de kite car elle ne peut rester en vol sans surveillance. Je me retrouve donc pendant ces heures de récupération qui me sont indispensables, ballottée au gré des vents et des courants, dérivant au mieux dans la bonne direction, au pire reculant de quelques milles nautiques.
Un cerf-volant me permettrait donc dans ces moments là, en fonction évidemment de la direction du vent, de continuer ma route, à une vitesse moindre certes, mais pas négligeable non plus.
Les neurones sont donc toujours en ébullition, pas le temps de se reposer sur nos lauriers, d’autant que je continue mes recherches de partenariats financiers et que là non plus, ce n’est pas une mince affaire ! Cela m’oblige à de nombreux allers et retours sur Paris… Autant de journées prises sur les entraînements en Baie de Quiberon, mais l’argent étant le nerf de la guerre je continue mon parcours du combattant tel un bon petit soldat.
Suite au prochain épisode...

03-04-2008
Tout seul on n’est rien…
Quand je vous disais que la Baie de Quiberon était un terrain de jeu idéal, je n’avais pas tort ! Mais j’étais loin de m’imaginer qu’elle deviendrait le lieu de mes entraînements pour les prochains mois !
Cela dit, l’essayer c’est l’adopter !… Et ces derniers jours, tandis que l’OceanKite retrouvait ses marques malgré un régime de vent plutôt faible par rapport aux prévisions annoncées, je me régalais tout en me faisant rincer copieusement !
L’accueil au sein de l’Ecole Nationale de Voile et des Sports Nautiques a certainement été pour beaucoup dans le plaisir de reprendre les entraînements sur l’eau, car tout a été fait pour me faciliter la vie dès mon arrivée lundi matin, à commencer par un grutage en douceur et une mise à l’eau en souplesse.
Changement radical après les longues heures solitaires de l’hiver où, par manque de budget, il m’a souvent fallu bidouiller et faire du neuf avec du vieux.
De se retrouver ainsi dans un lieu aménagé pour s’entraîner dans des conditions optimum a été un vrai bonheur !
Antoine Carretero ainsi que je m’y attendais m’a apporté ses connaissances techniques et nous avons pu échanger longuement sur nos points de vue parfois divergents et nos expériences très différentes.
Mardi, il a embarqué, ainsi que certains des stagiaires en formation Kitesurf, à bord de l’OceanKite (chacun à son tour, l’espace à bord étant limité !) et les quelques bords parcourus sur le plan d’eau lui ont permis d’appréhender les caractéristiques propres à ce type d’engin. Rien à voir avec le Kitesurf ni même le Catakite (Catamaran tracté par une aile de kite).
Il était pour le moins déstabilisé et inutile de dire que dans la soirée, nos neurones cogitaient dur ! Il est fort probable que dans les jours à venir les idées vont fuser !
A partir de là en tout cas, nous allons pouvoir travailler de façon concrète et améliorer divers systèmes à bord du flotteur, entre autre en ce qui concerne la phase de décollage de l’aile, moment qui reste encore « critique » lors que les conditions météos sont mauvaises.
Tout comme nous l’avions fait lors de mes précédentes traversées de l’Atlantique , l’accent est mis une fois encore sur la sécurité, le but du jeu étant avant tout d’arriver à Tahiti et si possible en bon état, autant pour le flotteur que pour moi !
L’OceanKite restera donc à l’Ecole Nationale de Voile de Beg Rohu jusqu’à son départ pour les Etats-Unis et je vais pouvoir m’en donner à cœur joie autant en mer qu’à terre dans les prochains mois.
Merci à tous ceux qui m’ont aidé pendant ces quelques jours... Et qui parfois se sont levés aux aurores pour une séance de démêlage de lignes, activité bien connue et fort peu appréciée des riders !

29-03-2008
Sur le chemin de l'Ecole...
En début de semaine prochaine, le programme de navigation à bord de l’Oceankite est prévu en Baie de Quiberon.
Le spot est idéal pour reprendre les entraînements car c’est en effet l’un des premiers plans d’eau d’Europe, protégé des houles du large grâce à sa situation géographique et profitant d’un régime de vent extrêmement favorable.
Bref, difficile de trouver mieux comme terrain de jeu d’autant qu’après les dépressions qui ont déferlé sur la Bretagne les semaines passées, la météo semble vouloir être de la partie pour les heures à venir ! Pas question de laisser pour autant le ciré Cotten au placard, les températures restant quand même de saison et l’humidité toujours omniprésente à bord de l’OceanKite. Pas très différent du kitesurf, de la planche à voile ou du dériveur !
L’Ecole Nationale de Voile et des Sports Nautiques (ENVSN) installée à Beg Rohu me reçoit pour quelques jours dans le cadre du partenariat qui nous lie pour l’année 2008, et je vais en profiter pour faire d’une pierre deux coups : partager mon expérience du Kiteboat avec les stagiaires en formation Kitesurf, et exploiter nos sorties dans la Baie pour tester les différentes ailes de Kite que l’Ecole met à ma disposition.
Mon choix n’est pas encore déterminé quant aux ailes embarquées pour la traversée du Pacifique à l’automne prochain, et je sais qu’il va falloir faire de nombreux compromis par rapport à ce que j’imagine être l’aile idéale : puissante, stable en vol et décollant facilement sur l’eau.
Antoine Carretero, responsable de la formation Kite qui se passionne depuis quelques temps déjà pour le Kiteboat sera également présent pour m’éclairer de ses conseils car il est certainement bien plus « technicien » que je ne le serai jamais. De mon côté je lui apporte les enseignements de mes précédents challenges…
C’est sûr, l’échange devrait être tout aussi intéressant que très enrichissant…Preuve que rien n’est jamais acquis et qu’il faut continuellement se remettre en question si l’on veut avancer dans la bonne direction.
Pour les amateurs de sensations fortes qui veulent s’offrir quelques frissons et un éventuel mal de mer tout en restant confortablement installés derrière leurs écrans, allez faire un tour sur La mer en furie
(fichier Powerpoint d’environ 1 méga) J’ai reçu cela il y a quelques jours dans ma boîte aux lettres… Je me demande si c’est une tentative pour me dissuader d’aller en découdre avec le Pacifique?

17-03-2008
Grand nettoyage de printemps...
Plutôt que d’aller dénicher les oeufs dans les herbes folles le week-end prochain à l’occasion des fêtes de Pâques, pourquoi n’iriez-vous pas plutôt sur le littoral ou sur le bord des rivières et des lacs ramasser les déchets ?
Bon d’accord, il est certainement plus motivant de partir en quête de chocolat et autres sucreries cachés dans le jardin familial que de parcourir les dunes de sables ou les bords de rivières à la cueillette de détritus, de bouteilles plastiques et quantités d’autres déchets en tout genre… Mais, réfléchissez-y à deux fois ! Pour ceux qui souhaitent garder la ligne et éviter la crise de foie, il n’y a pas à hésiter, en prime vous récolterez un bon bol d’air.
Pour sa 13ème édition, la Surfrider Foundation Europe organise les 21, 22 et 23 mars prochains des nettoyages de plages, de lacs et de rivières sous le nom de Initiatives Océanes.
Nos rives sont des écosystèmes particulièrement fragiles qu’il faut savoir protéger et préserver et lorsque l’on sait que chaque année 6,4 millions de tonnes de déchets sont jetées dans les océans dont les deux tiers proviennent du continent, il y a de quoi se poser quelques questions et d'envisager un changement dans nos comportements.
Initiatives Océanes nous offrent donc les moyens de nous regrouper et de manifester d’une seule et même voix notre volonté de préserver ce qui nous est cher : l’océan, les rivières et les lacs.
En allant faire un tour sur le site de la surfrider foundation, ici : INITIATIVES OCEANES
vous trouverez toutes les informations concernant les lieux ou se déroule ce grand nettoyage de printemps…
Il y a le choix, l’opération est cette année encore de grande envergure et regroupe ainsi de nombreux lieux en France mais également dans d’autres pays tels que l’Autriche, la Belgique, le Bénin, le Brésil, le Portugal, le Réunion, l’Espagne, la Suède, les Etats-Unis…
Bref, pas d’excuse et pas même besoin d’habiter sur le littoral pour se rallier aux milliers de bénévoles qui au fur et à mesure des années ont rejoint les rangs.
A bon entendeur…
PS : Un petit clin d’œil aux "Jeunes Ecologistes de la Mer" (JEM), une association regroupant une dizaine d’enfants que j’ai rencontré récemment à l’occasion d’un reportage télévisé. Ils ont décidé de rejoindre la Surfrider Foundation pour le grand nettoyage des plages de Guidel (Bretagne) le samedi 22 mars… La génération future est déjà en marche, il ne faudrait pas qu'on se laisse distancer !

06-03-2008
La Journée Internationale des Femmes
Depuis quelques années déjà on célèbre le 8 mars, « la journée internationale des femmes ».
En tant que femme évidemment, je me suis souvent interrogée sur les fondements d’une telle journée. Alors j’ai été y regarder d’un peu plus près, et j’ai pris soudain conscience de pas mal de choses dont j’avais connaissance bien sûr, mais que je n’avais jamais pris le temps de considérer vraiment :
- La violence contre les femmes est le délit le plus courant mais le moins puni au monde et ce, quelles que soient l’origine ethnique, l’éducation, la classe sociale ou la religion. - Au moins une femme sur trois a été battue, contrainte à des rapports sexuels ou maltraitée au cours de son existence. - Dans le monde, les femmes âgées de 15 à 45 ans sont davantage exposées aux mutilations ou à la mort dues à la violence masculine qu’à celles liées au cancer, au paludisme, aux accidents de la route ou à la guerre…
La liste est encore longue mais est-il bien nécessaire de continuer cette énumération ? Quantités de pages existent déjà, rédigées par d’autres, nombres de cris d’alarme ont été lancés qui malheureusement n’ont pas toujours eu le pouvoir de changer les mentalités…
Pourtant, le remarquable d’un être humain ne se trouve pas dans la particularité d’être une femme ou un homme… Le remarquable réside avant tout dans la dualité qui existe entre un homme et une femme. Aucun des sexes n'est supérieur à l'autre, mais il existe des polarités complémentaires sur tous les plans et c’est bien ça qui fait avancer le monde.
Depuis des siècles, des individus exceptionnels ont fait progresser par leurs actions, leurs idées, leurs attitudes, la conscience globale de l’humanité. Ils laissent dans nos mémoires la beauté et la grandeur de leur œuvre, la preuve de leur volonté et de leur détermination.
Il ne viendrait à l’idée de personne aujourd’hui de mesurer leurs mérites selon qu’ils sont homme ou femme !

25-02-2008
Salut l'artiste !
Encore sous le choc de la nouvelle de la disparition de Nicole Van de Kerchove emportée par une crise cardiaque alors qu'elle chevauchait à travers les étendues de la Patagonie… Difficile d’encaisser une telle claque lorsqu’elle vous arrive de plein fouet !
Je revois encore l’immuable visage serein de Nicole dans les allées du Salon Nautique en décembre dernier. Elle m’avait fait part de son prochain voyage en Patagonie, elle s’en réjouissait d’avance et nous avait promis une soirée « photo-vacances » à Belle Fontaine lors de son retour…
Nicole était une amie, nous nous étions rencontrées pour parler de « cerfs-volants », et puis nous avions trouvé d’autres terrains d’entente, d’autres rêves à partager…
Elle m’avait raconté sa transatlantique par la route des Alizés, à bord d’un Jod 24 démâté et tracté par un cerf-volant monofil, et puis de fil en aiguille et lors d’une visite à Belle Fontaine, j’avais goûté à ses talents de pianiste, et de cuisinière hors-paire !
Une « extra-ordinaire » voyageuse, une incroyable expérience maritime et pourtant tellement d’humilité, tellement de discrétion et de grandeur d’âme chez cette grande dame…
C’est sûr, tu vas nous manquer !
Un très beau témoignage que celui-ci : LE COMPLOT DES PAPILLONS.

06-02-2008
Au bout de la patience…. Il y a le Pacifique
Toutes mes excuses à ceux et celles d’entre vous qui se sont inscrits à la « newsletter » alors qu’elle n’en était qu’à ses balbutiements. Quelques cafouillages ont du en étonner certains, mais désormais tout semble être rentré dans l’ordre, et les nouvelles arriveront donc chez ceux qui le souhaitent aussi bien en français qu’en anglais.
Dans les coulisses du Défi 2008, Hervé a comme d’habitude, travaillé d’arrache-pied mais il nous faudra encore de longues heures et quelques nuits blanches pour que viennent s’ajouter les prochaines rubriques qui naissent actuellement sous ma plume entre deux entraînements.
Donc, merci d’être patients, les priorités étant aujourd’hui d’ordre plutôt technique et se concentrant surtout autour des modifications de l’OceanKite ainsi que du choix des ailes embarquées, je ne suis pas toujours très bavarde sur le journal de bord.
De nombreuses innovations ont été apportées dans le domaine du kite depuis ma Transatlantique en 2006 et si mes intérêts ne sont certes pas ceux des riders « classiques », certaines nouveautés techniques devraient m’être très utiles et faciliter mes longues heures de navigation sur le Pacifique à l’automne prochain.
Le décollage de l’aile, par exemple, reste un moment critique lorsque l’on se retrouve à quelques milliers de milles nautiques des côtes, et qu’une forte houle croisée propulse le flotteur au sommet des crêtes alors que le kite reste au creux de la vague… On rêve alors de l'aile idéale qui décollerait à peine la surface de l’eau effleurée, et qui éviterait ainsi aux 4 lignes de s’entrecroiser dans un ballet infernal.
Mais, la perfection n’étant pas de ce monde, pour l’heure, nous bidouillons, nous testons, nous modifions, nous transpirons tout en espérant que cette belle énergie portera un jour ses fruits !

23-01-2008
Une montagne peut en cacher une autre...
Après la Savoie et le régime diététique tartiflette/chocolat suisse, me voici maintenant dans les Pyrénées ou les spécialités culinaires ne sont pas non plus en reste.
Pendant quelques jours je profite du 19ème Festival de l’Aventure dans la station des Angles, et certains doivent commencer à se demander si des idées de projets montagnards ne seraient pas en train de germer dans mon esprit.
Mais non, rien de tout cela pour le moment… Mon Everest à moi reste l’océan, et mes rêves se focalisent sur la préparation de ma traversée du Pacifique en octobre prochain !
Je me sens de toute façon nettement plus à l’aise un kite dans les mains que les pieds sur des skis, mais cela ne m’empêche pas de faire le plein de globules rouges en altitude depuis deux semaines et d’en apprécier chaque instant.
Les membres du Club de l’Aventure qui gèrent l’organisation du Festival se mettent en quatre pour nous recevoir le mieux possible, et pour une fois qu’il n’y a rien à gérer, je me laisse aller au gré de la pente… Plutôt douce et agréable en cette saison !
Cela dit, les heures de détente passées ici devraient bientôt prendre fin et si rien ne vient s’ajouter au programme des réjouissances, début février je retrouverais le noroît et les embruns de la Baie de la Forêt Fouesnant.
En prévision, toujours des essais d’ailes de kite et quelques tests concernant de nouveaux équipements de navigation ainsi que du matériel électronique. Nous travaillons également au renforcement des lignes tout en faisant attention de ne pas les alourdir plus que nécessaire… Bref, pas mal de bidouille et de travail de « petites mains » pour améliorer les conditions de navigation sur la route Pacifique.
J’espère également pouvoir boucler mon budget au plus vite afin d’avoir l’esprit libre et une certaine marge de manoeuvre dans les longs préparatifs que nécessitent une telle traversée.
Mais il n’est pas simple de vendre du rêve, même si l’idée séduit les uns et les autres et qu’elle semble porteuse de valeurs que l’on se plaît tous à défendre aujourd’hui !

13-01-2008
Californian Dream...
A peine rentrée de Californie, où j’ai effectué un voyage de repérage en prévision du départ de San Francisco en octobre 2008, j’ai repris la route pour la Haute-Savoie afin de retrouver toute l’équipe des « Rencontres Mer et Montagne ».
Les deux chefs d’orchestre de cette réunion annuelle entre marins et montagnards, Daniel Charié et Martine Gahinet, nous reçoivent cette semaine encore sur la station d’Avoriaz.
Au programme des réjouissances : course de ski de fond, ski alpin, descente aux flambeaux, randonnée vers les sommets, slalom géant… Bref, pas tout à fait des vacances « farniente et vin chaud » mais pas non plus de journées stressantes comme j’en ai connu récemment.
Bref, un bon compromis pour reprendre mon souffle, récupérer des 9 heures de décalage horaire, des longues heures de vol et songer à la suite du programme pour l’année qui démarre en fanfare.
Pour l’heure, j’ai bien l’intention de profiter au maximum des joies de la glisse mais je reste malgré tout extrêmement prudente. Pas le droit à l’erreur au cours des prochains jours car mes entraînements sur l’eau reprenant dès le début du mois de février, je dois vraiment revenir en entier de ce séjour sportif montagnard…. La moindre petite entorse serait franchement malvenue !
Mon séjour californien quant à lui a été très enrichissant, malgré une météo digne d’un mauvais hiver breton… pluie et vent à volonté, les dépressions ne nous ont pas beaucoup laissé de répit et les cirés Cotten étaient de sortie !
J’ai pu rencontré la plupart des personnes et responsables qui m’aideront sur place et me permettront de prendre le départ dans les meilleures conditions. J’ai même pu discuter avec quelques « riders » qui tiraient des bords en kitesurf au sud de San Francisco. Cela m’a permis de mieux visualiser les conditions de navigation en bord de côtes dans cette région, les courants étant en effet traîtres à certains endroits et dépendemment des marées.
Etonnante impression que celle de découvrir de visu l’endroit d’où je m’élancerai prochainement. Tout cela semble tellement abstrait parfois, et puis, il suffit de se rendre sur place pour que tout à coup les événements deviennent beaucoup plus réels.
Lorsque le rêve devient petit à petit réalité, c’est une tout autre dimension qui nous happe alors...

26-12-2007
A l'aube de l'année 2008…
Cette fois ça y est, le compte à rebours semble vraiment prendre toute sa signification, et d’un seul coup le départ me semble très, très proche !
Dans 9 mois je quitterai les côtes bretonnes pour rejoindre la Californie… 9 mois, cela peut paraître long parfois (surtout lorsque l’on se retrouve encalminé pendant des jours et des jours !) mais 9 mois dans la préparation d’un tel challenge deviennent tout à coup une « peau de chagrin » qui rétrécit un peu plus à chaque jour qui passe.
D’ici au grand départ, il y a encore beaucoup de pain sur la planche et un budget qui n’est pas encore bouclé et qui rend les choses parfois un peu compliquées.
En fin de semaine, je m’envole pour la Californie afin d’effectuer le repérage du départ de San Francisco en octobre 2008. Il est important, voire indispensable d’aller sur place et d’organiser toute la partie logistique en amont, de discuter avec les capitaines de port et marins qui naviguent dans cette région, et de rencontrer par la même occasion, les différentes personnes avec qui je suis en contact et qui m’ont assuré de leur soutien.
Bref, cette petite escapade n’a pas tout à fait les allures de vacances, même si j’ai bien l’intention d’en profiter un peu à l’occasion.
Le programme des deux semaines à venir est donc chargé… Je ne me plains pas, c’est plutôt bon signe.
Je vous souhaite à toutes et à tous, une météo clémente et des vents favorables pour l’année 2008. En espérant qu’elle démarre pour vous tous sous les meilleurs augures… Fermez les yeux… Faîtes un vœu !… Sait-on jamais…

19-12-2007
Après l'OceanKite... Le Cargo Kite !
Le cargo « Beluga Skysails », un navire marchand de 132 mètres équipé d'une aile géante de traction a appareillé le 15 décembre du port de Hambourg à destination du Vénézuela.
Il est le premier cargo de ce genre à tester ce système d’assistance vélique. Selon ses promoteurs, la voile de 160 m2 capable de prendre des vents jusqu'à une altitude de 300 mètres au-dessus de la surface de la mer devrait permettre de réduire la consommation de carburant d'environ 20%, tout en limitant les émissions polluantes. Cela représenterait également, une économie non négligeable d’environ un millier d'euros par jour.
"La filière du transport maritime émet 800 millions de tonnes de CO2 aujourd'hui et cela grimpera à plus d'un milliard de tonnes dans cinq ans", a déclaré Niels Stolberg, directeur exécutif de Beluga Shipping, l'entreprise qui a contribué à développer ce système et compte l'installer sur deux autres navires aussi larges que le Beluga d'ici 2009.
Stolberg estime que les coûts de l'investissement sont couverts par les économies de carburant dans un délai de trois à cinq ans.
Le système Skysails ne peut rien en revanche en cas de vents contraires et ne peut s'appliquer sur des navires dont la vitesse dépasse 16 noeuds.
"Il y a 100.000 cargos dans le monde et nous estimons qu'il y en a environ 60.000 qui pourraient en théorie s'équiper de Skysails", déclare Stephan Warge, de l'entreprise SkySails GmbH, et l'un des créateurs de cette innovation. "Notre objectif est d'en équiper 1.500 d'ici 2015."
Affaire à suivre donc... Le Beluga Skysails devrait atteindre les côtes du Vénézuela en janvier 2008.

09-12-2007
Retour en Bretagne...
Notre séjour parisien s’achève après quelques journées denses et autant de nuits tout aussi animées, passées au Salon Nautique de Paris. Dès lundi matin, à la première heure l’OceanKite reprend la route, direction la Bretagne et j’avoue ne pas être mécontente de retrouver un peu de repos et d'embruns.
Cela dit, aux dernières nouvelles une belle dépression balaye les côtes bretonnes, un vent de force 8 accompagné de creux de plus de 15 mètres… Bref, pas vraiment le calme dont on pourrait rêver et certainement pas les conditions idéales pour reprendre les entraînements sur l’eau dans l’immédiat. Le programme des réjouissances risque donc d'être réduit au travail musculaire que j'effectue en salle depuis déjà quelques mois.
La semaine passée au Salon Nautique a été riche de rencontres et l’OceanKite trônant au beau milieu du stand de la Région Bretagne a, comme a son habitude provoqué des réactions diverses et variées. J’ai même eu une proposition d’achat, mais jusqu’en décembre 2008, date à laquelle j’espère toucher les côtes tahitiennes, pas question de le confier à qui que ce soit… Il a encore quelques milliers de milles à parcourir et j’entends bien les réaliser à son bord.
Ces derniers jours auront été quoi qu'il en soit, profitables puisque j’ai pu déambuler dans les allées des différents halls et faire mes courses en prévision du prochain défi. Quelques rendez-vous journalistiques également ainsi que des rencontres qui, je l'espère, donneront suite à d'éventuels partenariats, bref... le Défi 2008 prend chaque jour un peu plus d'ampleur.
Pas de grands changements en ce qui concerne le matériel embarqué si ce n’est que les technologies évoluant régulièrement il faut savoir s’adapter également. Je conserve malgré tout à l’esprit que ma cabine n’étant pas élastique il faut que tout puisse trouver sa place dans le mètre cube de mon espace vital.
Je suis donc très vigilante à n’embarquer que l’essentiel. Après 3 transatlantiques dans des conditions similaires, je commence à avoir le compas dans l’œil et tant qu’il me reste toujours un peu d’espace pour quelques tablettes de chocolat, alors tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes...

22-11-2007
L'OceanKite au Salon Nautique de Paris...
A moins de 10 mois de ma traversée du Pacifique en kite prévue au départ de San Francisco en octobre 2008, il reste encore beaucoup à faire sur le flotteur… Les préparatifs techniques de mon embarcation ne sont pas choses aisées, car son caractère unique nous empêche de nous appuyer sur de quelconques expériences passées, et le parcours envisagé, sans précédent avec ce mode de navigation, laisse une certaine part à l’inconnu.
Certains membres de l’équipe sont donc déjà mis à contribution et usent leurs méninges pour optimiser les qualités du flotteur. Chacun apporte parfois de façon bénévole , ses connaissances et son savoir-faire tout comme cela s'est déjà passé lors des précédents défis. Chaque solution apportée à un problème posé est une petite victoire en elle-même que j'apprécie à sa juste valeur et savoure pleinement jusqu'à ce que se présente le problème suivant... Ce qui ne manque jamais d'arriver bien évidemment !
Entre deux périodes de bricolage et de « bidouillage », je continue de me concentrer sur ma préparation physique ainsi que mentale, car je sais aujourd’hui que l’une n'allant pas sans l’autre, elles devraient me permettre d’aborder ce trajet solitaire de plus de 7000 kilomètres (4000 miles nautiques) dans des conditions optimum. Pas question de négliger quoi que ce soit, mais pas question non plus de s’encombrer d’inutile...
Il faut donc faire le tri parmi tous les choix qui nous sont offerts, et cela de la façon la plus judicieuse possible car ce voyage nécessite une intense préparation tout autant que de l’improvisation, et c’est bien là tout le paradoxe !
Bonne nouvelle... Aujourd'hui un nouveau partenaire technique vient nous rejoindre dans l’aventure. Toyota Quimper nous apporte en effet son soutien en mettant à disposition un véhicule de fonction qui nous permettra d’assurer la logistique et de tracter le flotteur lors des différents déplacements et ce, pendant toute la durée du challenge 2008.
Ainsi, l’OceanKite reprendra très bientôt la route, puisqu’il sera exposé au Salon Nautique de Paris (Porte de Versailles) du : vendredi 30 novembre au dimanche 10 décembre 2007 sur le Stand Région Bretagne Hall 1, allée N92 R111. Dans le cadre de différentes interventions, je serai moi-même présente au Salon Nautique du : 30 novembre au 2 décembre et du 6 au 9 décembre. Au plaisir de vous y rencontrer peut-être ?

28-10-2007
Ouverture de la saison des Salons...
Allez hop ! L’Oceankite et moi reprenons la route pour quelques jours, puisque nous serons présents au Salon Nautique du Mille Sabords qui a lieu comme chaque année du 1er au 4 novembre au Crouesty.
Le vendredi 2 novembre à 20h00, dans le cadre des conférences des Grands Voyageurs qui se tiennent au Yacht Club du Crouesty, j’aurai l’occasion de partager en images avec le public un peu de ma traversée de l’Atlantique Nord en Kite… Un moment toujours enrichissant et qui permet parfois de mettre en lumière des questions que l’on gardait en suspens, des interrogations remisées au tiroir par facilité.
L’automne est maintenant bien installé par chez nous. Température de l’eau 15°C, température de l’air 14°C… Finalement il n’y a pas à hésiter, on est nettement mieux à tirer des bords dans la Baie de La Forêt plutôt qu’à ramasser des châtaignes en forêt.
Malgré tout il faut se pousser un peu pour essayer de nouvelles ailes de kite et se retrouver les doigts gelés sur la barre... Alors, envie ou pas, il faut se jeter à l’eau et éviter de se poser trop de questions !
Au milieu de tout cela, la logistique s’organise aussi bien du côté de San Francisco d’où aura lieu le départ en octobre 2008 que de Tahiti où se déroulera l’arrivée quelques mois plus tard. Une belle solidarité bretonne s’est mise en place et j’en profite pour remercier les uns et les autres des différents coups de pouce arrivés au bon moment et qui nous permettent d’avancer d’autant dans l’aventure.
A en croire le philosophe grec Aristote : " Le commencement est beaucoup plus que la moitié de l'objectif ". C’est toujours rassurant de se le dire en tout cas, et cela signifie alors que le chemin parcouru pour le prochain Défi est déjà bien entamé !

15-10-2007
Les Ecrans de l'Aventure
La 29ème édition des Ecrans de l’Aventure se déroulait cette année encore à Dijon.
Invitée par la Guilde Européenne du Raid à l’occasion de ce festival International du Film d’Aventure en tant que membre du jury, j’ai pu pendant 3 jours assister à la projection d’une vingtaine de films tous inspirés de voyages, de découvertes et de rêves.
Difficile de rester insensible à ces tranches de vies mis en images par quelques « doux dingues » conscients que les difficultés de notre temps ne doivent pas nous réduire à l’impuissance.
Impossible pour moi de ne pas adhérer aux expéditions de ces globe-trotters ayant choisi de faire du voyage leur quotidien et de leurs rêves une réalité. Pour eux, le terrain est une forme de vérité, de celle qui tord le cou aux idées reçues.
Retour maintenant en Bretagne et à la préparation du Défi 2008… Dans un an tout juste j’aurai probablement largué les amarres et San Francisco disparaîtra dans le brouillard…
Un an, cela paraît si loin et pourtant les expériences précédentes m’ont démontré que le temps se joue bien souvent de nous lorsque le nez plongé dans le projet les secondes défilent à toute allure. Un an, c’est déjà demain et afin d’être prête le jour J, je sais que le compte à rebours est en route et qu’il ne s’agit plus de rêvasser maintenant...

24-09-2007
La traversée de Paris...
La Breizh Touch s’est achevée dimanche et l’Oceankite qui surplombait les bords de la Seine pendant 4 jours a retrouvé les côtes bretonnes sans encombres.
Atmosphère très sympa pendant ces journées dédiées à la Bretagne, organisation bien rodée, et rencontres parfois étonnantes mais toujours très enrichissantes. En tout cas une chose est sûre… Le flotteur n’est pas passé inaperçu et les questions quant à son utilisation ont été nombreuses. Certains semblaient même douter qu’un si petit engin ait effectué un si long voyage sur l’Atlantique Nord, autant dire que le projet de la traversée du Pacifique en octobre 2008 leurs paraissait encore plus dingue !!!
Pourtant à bien y regarder, et hormis ce fameux « pot au noir » qui risque d’être LE problème majeur de ce voyage, je suis plutôt optimiste quant à cette nouvelle voie entre l’Amérique et la Polynésie Française.
La représentation sur la scène parisienne est maintenant terminée, nous avons regagné nos pénates la mine un peu chiffonnée, et bien que la météo automnale ne nous donne pas spécialement envie d’aller sur l’eau dès le lever du jour, il va quand même falloir songer à essayer les nouvelles ailes Naish et reprendre les entraînements.
Petit à petit la pression monte et les doutes disparaissent pour laisser place aux questions d'ordre pratique… Pas désagréable de se retrouver plongés dans la naissance d’une nouvelle aventure, car au final, c'est quand même bien pour ça que nous sommes là.

13-09-2007
Une aile sur le Pacifique…
Depuis le temps que j’en parlais, il fallait bien qu’un jour je me jette à l’eau et que j’annonce enfin ce qui se tramait du côté de chez nous depuis quelques mois déjà !
Certains me suspectaient de vouloir changer de terrain de jeu et me voyaient déjà parcourant les immensités du Grand Nord ou les déserts arides, eh bien non… Ce ne sera pas pour cette fois encore, et la terre devra attendre que l’appel de l’océan se fasse plus ténu.
L’Oceankite reprend donc du service et en quelques mois il a d’ailleurs retrouvé sa silhouette initiale ! Il se prépare pour un nouveau challenge sur un océan qui n’a de paisible que le nom : l’océan Pacifique.
Une voie nouvelle pour ce type de navigation, une bouffée d’oxygène pour l’équipe qui n’a de cesse de repousser un peu plus loin les frontières de l’aventure et pour moi le bonheur de remmettre la main à la pâte ! Pas de grosse tête ici, mais une belle énergie qui préserve l’événement.
Les pièces du puzzle se mettent en place au fil des jours (jamais assez vite à mon goût), les énergies des uns et des autres se focalisent sur la préparation… Bref, l’heure n’est plus aux considérations hautement philosophiques, mais à la planification, à l’organisation des tâches et au travail aussi bien physique que mental.
Programme dense pour les mois à venir, mais rien à redire à cela, organiser c’est déjà un peu partir dans sa tête et emmener parfois les autres avec soi ! Ces autres à qui je voudrais déjà dire un grand merci, car sans eux, que d’énergie inutile j’aurai déjà gaspillé, que de nuits blanches j’aurais déjà passé, et que de galères j’aurais déjà du affronter !
Pour info, du 19 au 23 septembre, l'Oceankite sera à Paris à l'occasion de la Breizh Touch qui se déroulera Quai Saint Bernard/Jardins Tino Rossi. Pour en savoir plus c'est par ici :Breizh Touch.

19-08-2007
Les heures humides de l’été…
Météo déconcertante sur les côtes bretonnes depuis le mois de juin. Les dépressions se suivent sans nous laisser beaucoup de répit et le moins que l’on puisse dire est que nous n’avons pas manqué de vent par chez nous durant ces mois de soi-disant «été »… Ce ne sont pas mes ailes qui s’en plaindront !
La rentrée approche à grands pas maintenant, et nous devrions pouvoir annoncer d’ici peu sur le site, le programme des réjouissances pour l’année 2007/2008.
Pas facile de réunir tous les acteurs partis pour quelques semaines chercher ailleurs un soleil qui nous a fait cruellement défaut, mais l’heure tourne et bien que nous ayons une certaine marge de manœuvre à ce jour, je sais qu’au final il nous manquera toujours un peu de temps pour finaliser les derniers préparatifs.
Je suis donc comme d’habitude, un peu « charrette », mais l’aventure suit son cours, et le puzzle se met en place comme il se doit : doucement mais sûrement !
L’heure est évidemment aux sérieuses cogitations, et je m’encombre déjà l’esprit de questions impossibles louvoyant entre le « toujours ici » et le « déjà ailleurs ». Pas facile de se remettre en question, pas franchement agréable non plus, mais il faut en passe par là pour avancer dans ce projet un peu plus osé que les précédents.
Côté pratique, la Région Bretagne nous a assurés de son soutien dans l’aventure à venir, tout comme L’Ecole Nationale de Voile, la Marine Nationale ainsi que la Société Naish, déjà partenaire technique lors de mon précédent défi.
Très, très bientôt une nouvelle page vous informant du Défi 2008. Je sais, cela fait un bon moment que je vous le promets, mais certaines priorités devaient être gérées qui ne m’ont pas laissé beaucoup de temps pour mettre le site à jour... Toutes mes excuses !

31-07-2007
Entre mer et ciel...
Sortie de chantier pour l’Oceankite qui a enfin retrouvé son arceau, pièce indispensable lui permettant d’être auto-redressable en cas de chavirage, mais qui par la même occasion me protége des lignes en dyneema extrêmement coupantes en cas de mauvaises manœuvres lors d’un virement de bord.
Ce check-up complet nous a permis de constater que malheureusement lors de ses quelques déplacements terrestres deux importantes pièces d’accastillage avaient été « empruntées » ; pièces qui, faites sur mesure par Marc ne serviront probablement pas à autre chose qu’à orner un manteau de cheminée, mais qui, pour mes navigations me sont indispensables.
Et voilà comment grâce à la bêtise de certains on perd encore de précieuses journées de préparation !
Dans quelques jours, je quitte la côte Atlantique pour rejoindre la Lorraine et participer au Mondial Air Ballons où un millier d’équipages de montgolfières venus de soixante dix nations et des cinq continents sont attendus.
J’avais eu l’occasion de découvrir cette manifestation il y a deux ans et mon baptême de l’air en compagnie de Bertrand Piccard reste évidemment un moment inoubliable.
Impossible donc de résister à l’envie de retrouver l'équipe du Mondial Air Ballons et de survoler à nouveau la terre au gré des vents… Une autre forme d’aventure ou les conditions météos sont une fois encore maîtresse de notre destin !

28-07-2007
L'OceanKite fait peau neuve...
L’OceanKite est entrain de revêtir ses nouvelles couleurs et c’est un peu comme s’il retrouvait une nouvelle jeunesse.
Depuis ma rencontre avec les dirigeants d’Adrien, tout a été très vite et il a fallu jouer avec un compte à rebours qui continue inlassablement à égrener les heures et se moque bien de cette course contre la montre dans laquelle nous sommes lancés.
Dans un peu plus d’un mois l’OceanKite embarquera depuis le Havre sur un cargo à destination de San Francisco, autant dire que pour nous, c’est comme si c’était demain.
D’ici là pourtant, il reste encore de nombreux détails à régler et quelques ailes à faire voler dans la Baie de La Forêt Fouesnant.
C’est fou le temps que prennent les moindres changements et adaptations sur le flotteur. Il faut sans cesse bricoler à partir de ce qui existe, pour transformer et façonner à sa patte afin de trouver la solution idéale.
Pour ce qui est des ailes, mon choix s’est finalement porté sur celles fabriquées chez Takoon et plus particulièrement, la Enova2 ainsi que la Nova3, récemment sortie sur le marché.
Les performances de l'une et de l'autre en vol ainsi que la facilité de redécollage m’ont convaincu tout comme les finitions qui peuvent sembler un détail, mais qui devraient me permettre de naviguer jusqu’à la Polynésie Française sans accroc.
Reste maintenant à définir les différentes tailles de kites embarqués. Probablement de 11m² à 20m², avec une taille intermédiaire de 16m². Les plages d’utilisation des ailes nouvelle génération étant beaucoup plus larges aujourd’hui que ça n’était le cas en 2006 lors de ma transatlantique en kite, cela devrait me permettre d’en embarquer moins que précédemment et donc de gagner en poids et en espace de rangement.
Toujours ça de pris sur ma petite embarcation de 5,50 mètres dans laquelle il va falloir bon gré mal gré charger, 3 mois de nourriture, autant de vêtements de rechange, et de matériel nécessaire à une traversée autonome et sans escale.
D’ici quelques jours l’OceanKite pourra à nouveau se montrer au grand jour, et les navigations reprendre pour quelques semaines encore…
Bon vent a tous !

19-07-2007
L'Oceankite retrouve ses formes...
L’Oceankite a réintégré pour quelques jours le chantier du Port Rhu afin de retrouver sa silhouette d’antan et surtout son arceau dont il avait été amputé après son retour à terre.
Ses mensurations ne lui permettant en effet pas l’accès aux supermarchés, il avait subi quelques transformations drastiques qui nous avaient, Marc et moi fait un peu grincer des dents.
Mais la communication du sponsor obligeant, il était devenu pour quelques mois, un engin de foire et avait du s'accommoder au mieux de cette nouvelle vie terrestre !
Il y a quelques semaines je l'ai récupéré et il refait donc peau neuve sous la main experte de Marc Ginisty et de ses deux « arpètes », Thomas et Jeremy.
Si tout se passe comme prévu, l'Oceankite devrait très bientôt reprendre du service et retrouver le milieu pour lequel il a été conçu à l’origine : l’océan.
Il ne reste plus qu'a espérer maintenant que la météo sur nos côtes bretonnes ne se joue pas de nous comme elle le fait depuis 3 mois, et que les conditions me permettent de tirer à nouveau des bords dans la Baie de La Forêt, notre port d’attache pour les mois à venir.
Une nouvelle vie commence ! Le Défi 2008 se laisse gagner par les vents du large...

08-07-2007
La solidarité des gens de mer....
Samedi après-midi sur la cale de Beg-Meil nous étions quelques uns à nous être donné rendez-vous pour baptiser la nouvelle vedette de la Station de Sauvetage en Mer de la commune de Fouesnant.
En tant que marraine, j’étais bien sûr très émue d’être là, et d’avoir été choisie pour accomplir ce rituel qui est de tradition dans le monde de la voile.
Contrairement aux Vikings qui avaient coutume de verser du sang sur leurs drakkars nouvellement construits, je n’ai quant à moi versé que quelques gouttes de champagne (un bon cru quand même !!!) sur l’étrave de l’embarcation !
En tant que navigatrice et sachant pertinemment que quel que soit notre niveau de préparation, la mer ne nous épargne pas, j’étais évidemment impressionnée d’être entourée de cet équipage de bénévoles qui au nom de la tradition de solidarité entre gens de mer engagent leur responsabilité et parfois même leur vie au service de l’autre.
Belle fin de journée donc, égayée par les premiers rayons d’un soleil qui nous fait cruellement défaut depuis quelques semaines déjà.
De nombreux officiels venus saluer la naissance du canot Bro Fouen ont rappelé que la Planète Bleue est un univers merveilleux et passionnant mais qu’il nous faut apprendre à pratiquer avec humilité et en faisant l’effort de la découvrir…
Cela dit, je garde à l’esprit quelques lignes de Saint Exupéry pour qui « celui qui n'a pas su, qui n'a pas osé, un moment donné, risquer, n'a pas le droit de se plaindre de la médiocrité de son existence. »
Je travaille actuellement avec Hervé, le webmaster du site, à la mise en page du prochain Défi 2008… L’événement prend bonne tournure bien que le budget soit encore loin d’être bouclé ! Je vous tiens informé dès que possible, mais je cours, je cours... Et le temps comme à son habitude se moque de moi !

07-06-2007
Mea culpa... Mea maxima culpa !
C’est bien la première fois que je reste silencieuse aussi longtemps mais n’allez pas croire pour autant que je vous abandonne !
J’ai quelque peine à concilier mes différentes activités actuellement, et bien sûr les nouvelles du site sont les premières à en pâtir.
Pas beaucoup l’occasion de déployer mes ailes bien que ce ne soit pas l’envie qui m’en manque, mais il faut dire que la météo des semaines précédentes n’avait rien de très séduisante, et aller jouer les sirènes dans la Baie de la Forêt ne me tentait pas plus que ça !
Concentrée sur le prochain challenge, je travaille actuellement les deux pieds sur terre et l’oreille branchée sur le combiné téléphonique. Les dossiers, le choix de nouveaux partenaires techniques ainsi que les rendez-vous à la recherche de sponsors rythment mes heures, et ainsi petit à petit la logistique se met en place !
Le début d’une nouvelle voie !!! Tout est chronométré, organisé, et orchestré en amont afin de donner toutes ses chances à la prochaine aventure en gestation de voir le jour.
La semaine dernière je me suis quand même aventurée du côté de l’Hôtel de Ville de Paris où se déroulait la conférence de presse de la « Breizh Touch » en présence du Maire de Paris, Bertrand Delanoë.
La Breizh Touch, ou « l’Esprit Breton » est une manifestation inédite qui se déroulera du 20 au 23 septembre prochain à Paris.
C’est le clin d’œil d’une région étonnante et détonante, qui pendant 4 jours de fête va jeter l’ancre dans la Capitale !
Nous étions donc une poignée de « parrains » et « marraines » a être là pour soutenir le lancement de ce projet « osé », coordonné par la Région Bretagne.
Après un bref retour vers la Bretagne, j’étais à nouveau en visite à Paris il y a quelques jours pour la remise de la Bourse de L’Aventure organisée par la Société Gore-Tex.
Lors de cette soirée, un très bel hommage a été rendu à Jean-Christophe Lafaille, alpiniste français et grand amoureux des espaces purs, disparu en janvier 2006 lors de l’ascension du Makalu au Népal.
Les rêves ont un prix… Certains les payent de leur vie !

23-04-2007
La neige était au rendez-vous... Le rêve aussi !
Le Festival International du Film de Val d’Isère n’a pas failli à sa réputation et le cru 2007 aura été une fois encore, riche en saveurs, en rencontres et en dépaysement !
Pendant 4 jours, les yeux rivés sur l’écran nous avons voyagé entre le Mali, le Chili, Madagascar et la Nouvelle-Guinée, puis largué les amarres pour un tour du monde à la voile, et transpiré dans le Ténéré, pédalé de la Mongolie à la plaine du Gange, escaladé les parois du Salto Angel au Venezuela puis dévalé celles du Kullu Pumori en Inde.
Fascinantes que toutes ces expéditions, captivants que tous ces voyageurs et étonnant surtout de sentir que ces aventures bien qu’éloignées de notre quotidien peuvent à ce point nous interpeller.
Cela dit, une question subsiste malgré tout, à laquelle aucun d’entre nous n’a su répondre clairement durant cette rencontre : pourquoi naissent de tels voyages ? Où, quand et surtout comment se produit cette petite étincelle, ce fameux déclic qui donne vie à nos rêves ? Car, si l’on se donne la peine de tout rationaliser, il y a certainement des raisons à ces départs, tout comme il y a sûrement des « pourquoi » à cette soif de découverte. Mais est-ce bien utile de s’encombrer l’esprit de questions impossibles ?
Quoiqu’il en soit, merci à toute l’équipe du Festival, et plus particulièrement à Violaine dont la patience a parfois été mise à rude épreuve mais qui à force de persuasion m’a permis de croire un peu plus en mes qualités (très pauvres il faut l’avouer) de skieuse ! A chacun son métier !!!
Les véritables trésors ne sont en tout cas jamais là où on les attend, preuve en est de ces quelques voyages racontés via internet : ¤ Altiplano, le rêve partagé de valides et de handicapés au coeur des sommets andins du Chili ¤ Amazonian Vertigo, l'ascension du Salto Angel ¤ Asiemut, de la Mogolie à la plaine du Gange, 8000 Kms à vélo ¤ Himachal Experience, ou la descente vertigineuse des flancs du Kullu Pumori ¤ L’île rouge pas à pas, 1500 Kms à pied à travers Madagascar ¤ Ténéré solo, le désert bleu d'un bout à l'autre

11-04-2007
La montagne au printemps...
Changement de décor en fin de semaine, puisque je délaisse une nouvelle fois les côtes bretonnes, et la météo exceptionnellement estivale des jours derniers, pour gagner les sommets (que j'espère encore enneigés) de Val d'Isère.
C'est là en effet, que se tiendra du 16 au 19 avril, le Festival International du Film "Aventure et Découverte". Pour cette 11ème édition, 11 films sont en compétition, et aux vues du programme annoncé, il devrait y en avoir pour tous les goûts.
Première participation pour moi, en tant que jury ; une bonne façon de découvrir les coulisses d'un festival et d'apprécier pleinement les oeuvres qui y seront présentées.
Espérons quand même que nous aurons quelque liberté afin de dévaler les pentes, car les 15 heures de voyage entre la Bretagne et la montagne, méritent bien une petite récompense !
Si la neige n'a pas attendu, alors, ce sera rando-sac-à-dos, une mise en souffle idéale en préparation des mois sportifs à venir !
Pour ceux qui veulent découvrir un avant-goût du programme cinématographique, allez faire un tour sur le site du Festival International de Val d'Isère.

16-03-2007
La mer pour tous...
Il y a quelques jours, j’avais rendez-vous sur le Port Rhu de Douarnenez avec les membres d’une association baptisée Optimiste 29. Ce nom ne vous dit pas grand-chose ? Pas étonnant. Il m’était aussi inconnu il y a quelques semaines encore, alors que pendant des mois et des mois, l’an dernier j’ai sillonné le port de Douarnenez aussi bien côté terre que côté mer.
Optimiste 29 c’est une association géniale qui regroupe une poignée de bénévoles enthousiastes, pour la plupart anciens marins, pêcheurs, mécanos ou soudeurs et qui ont spontanément donné de leur temps et offert de leur savoir pour proposer aux personnes handicapées des sorties en mer. Ces virées s’effectuent à bord du Richard Marika, un ancien fileyeur de Camaret qui a été réaménagé pour la cause, et depuis plus de 3 ans, elles ont permis à de nombreuses personnes de découvrir l’univers marin autrement que depuis la route de la corniche.
Ca paraît simple dit comme ça ! Car, lorsque l’on est un bipède et que l’on se déplace sans trop de difficultés, seule l’idée d’un mal de mer peut nous tenir éloigné des pontons. Lorsque l’on se retrouve en fauteuil roulant par contre, c’est une toute autre affaire et pour beaucoup, les joies de la navigation n’existent alors que dans leurs rêves !
Aujourd’hui en effet, combien de ports en France sont-ils équipés de pontons assez larges et sécuritaires permettant aux personnes en fauteuils roulants d’accéder aux bateaux ? Le chiffre en est ridiculement petit. S’est donc à se demander si le fait de ne pouvoir marcher est un vice rédhibitoire interdisant de ce fait la pratique de la voile ?
Il semblerait que la Mairie de Douarnenez soit convaincue du contraire puisqu’elle soutient l’Association Optimiste 29 et travaille actuellement sur un projet de ponton qui favorisera l'accès de toute personne handicapée à n'importe quel bateau. Une zone d'embarquement utilisable marée haute comme à marée basse est également à l’étude.
Pour en savoir plus sur l’association : Optimiste 29.
Et pour ceux qui ne savent pas quoi faire samedi 17 mars à 20H15, l’émission Blog Story de la chaîne Voyages diffuse un petit reportage très sympa du Défi Connétable 2006 . (rediffusions mardi 20 mars à 22H20 et samedi 24 mars à 12H30)

26-02-2007
La quête du Graal…
Les jours rallongent, la température de l’eau le long des côtes bretonnes s’améliore, bref… l’hiver touche à sa fin et l’envie de naviguer me taraude.
Mais, entre les rendez-vous, les conférences à préparer et le nouveau projet dont il faudra bien que je vous dévoile les grandes lignes un de ces prochains jours, le timing n’est pas tout à fait idéal pour aller tirer quelques bords dans la baie.
La recherche de nouveaux sponsors prêts à s’impliquer dans le Défi 2008 accapare beaucoup de mon temps et laisse peu de répit à mon esprit. Car, pour passer du rêve à la réalité, il ne suffit pas de claquer dans ses doigts et d’attendre la bouche en cœur que les choses nous arrivent comme par magie. Trouver un budget, c’est déjà un bout d’aventure dans l’aventure, des nuits d’insomnies en perspective et des avis de grand frais parfois décourageants …
Mais quoique l’on en dise, c’est une incontournable étape qu’il faut franchir un jour ou l’autre si l’on veut poursuivre le voyage, un passage obligatoire qui, bien souvent, prend l‘apparence d‘un parcours du combattant et qui, d’une certaine façon, renforce notre motivation.
Il y a beaucoup à en apprendre c‘est évident, encore faut-il accepter les règles du jeu et les suivre à la lettre !

11-02-2007
Les facéties d'Eole...
Dom rivard, qui avait déjà fait parlé de lui l’année dernière en parcourant en kitesurf 150 milles nautiques (278 kms) en 9 heures, a tenté début février un nouveau record mondial : rider durant 24 heures non-stop en parcourant un maximum de distance.
La météo du jour avait annoncé un vent de 15 à 20 noeuds pour les 48 prochaines heures, et il s’est donc élancé bien préparé physiquement et moralement. Mais malheureusement dans la soirée après un run de 45 milles nautiques et 6 heures de navigation, le vent est tombé.
Dom a eu beau s’acharner, il lui a fallu finalement jeter l‘éponge. « Ce n'était plus de la glisse ni du kite mais un combat épuisant pour rester hors de l'eau » a-t-il avoué.
Pour avoir souvent vécu ce genre de situation lors de ma traversée de l’Atlantique Nord en kite l’été dernier, je peux tout à fait imaginer la galère qu’il a vécu et la déception de devoir s’arrêter en plein vol.
Cela dit, pas découragé pour autant, il étudie déjà les bulletins météos pour rééditer sa tentative de réaliser la plus longue distance en 24 heures.
« Kimbé raid pa moli Free Dom ! », comme tu me l’écrivais il y a quelques mois alors que j’étais encalminée sur la grande bleue !!!
Pour la suite des événements, allez faire un tour sur le site Freekite

02-02-2007
Sur le toit du monde...
Entre le territoire du Yukon et l’Alaska, se déroule chaque année une aventure étonnante, la Yukon Quest.
Cette épreuve qui couvre plus de 1600 kms entre Whitehorse (territoire de Yukon) et Fairbanks (Alaska) en plein coeur de l'hiver arctique, est connue comme « la course de chiens de traîneaux la plus difficile au monde ».
Rythmée par le souffle de centaines de chiens de traîneau et de leurs « mushers », elle dure deux semaines ; deux longues semaines pendant lesquelles ces athlètes de marathon parcourent une partie du dernier désert primitif d’Amérique du Nord, dans des conditions parfois extrêmes et des températures avoisinant souvent - 40°C.
La Yukon Quest est une véritable épreuve que les années n’ont heureusement pas dénaturée. Mettant en avant les aptitudes humaines et canines, elle est un hommage à la force du lien antique qui unit ces hommes et ces chiens.
Encore bercée par le souvenir de mon récent séjour à la montagne, je me suis branchée sur le site de la Yukon Quest, et parmi les 28 participants de cette course folle qui démarre le 10 février prochain, j’ai découvert le site de Cathy Pinard. Un design très classique qui cache une histoire passionnante (version français/anglais) racontée très simplement sans fard ni paillettes.
Les lignes relatant ses entraînements matinaux au coeur des montagnes, les aurores boréales qu’elle décrit sont comme une invitation à découvrir une autre forme d’aventure :
« Un voile vert dansant, et des courants de pourpre qui passent momentanément à travers, Mambo jappe en regardant le ciel. Les derniers milles sont faciles, je peux pleinement profiter de ce moment de bonheur total. Seul le bruit des pattes des chiens qui marque la cadence et le glissement des patins du traîneau sur la neige. Il ne fait pas froid et j’enlève mon capuchon pour admirer pleinement le paysage et sentir l’hiver sur mon visage. J’éteins ma lampe frontale et laisse les chiens me mener entre les épinettes couvertes de neige sous la lumière verte de ce spectacle céleste. Je pense à vous qui lisez ceci et me demande comment traduire en mots une nuit aussi parfaite. Combien de nuits comme celles-là a-t-on dans une vie… »
Et dire qu’aujourd’hui certains prétendent qu’il n’y a plus rien à découvrir !
Pour les curieux, l’adresse de son site : www.catherinepinard.com Celui de la Yukon Quest (en anglais uniquement) : www.yukonquest.com
Bon vent à tous !

21-01-2007
En piste !
Bonne cure d’oxygénation en Savoie, où nous nous sommes retrouvés avec quelques coureurs du large dans le cadre des rencontres « Mer et Montagne ».
Cette année encore Martine Gahinet, Daniel Charié et Charlot nous ont reçu superbement à Avoriaz. Pendant une semaine ils nous ont concocté un emploi du temps d’enfer avec les partenaires de la station, faisant le maximum pour nous tous !
La neige était au rendez-vous (un luxe cette année !), le soleil aussi, à l’exception de deux journées humides et ventées (une broutille pour les bretons !) et le programme sportif a été suffisamment dense pour que les fêtards se couchent tôt et les débutants, dont je fais partie, y laissent quelques plumes.
Belles sensations de glisse… Un peu frustrant quand même de constater l’aisance de certains quand je me faisais surtout l’impression d’être un jeune goéland empoté, scotché au sommet de la falaise et déployant gauchement ses ailes pour tenter un premier vol d’essai sans vraiment oser affronter le vide !
Avec un peu plus d’expérience et beaucoup d’entraînement, j’ai pourtant espoir un jour d’emmener un kite sur les plateaux enneigées. Pas pour du Freestyle (ou éventuellement dans une deuxième vie), mais juste pour m’évader en rando et découvrir des paysages féeriques !
Bref, fourbue mais heureuse, c’est maintenant en Bretagne que mes activités vont reprendre dès la semaine prochaine.
Finies les vacances aux « Portes du Soleil», la détente, les fondues savoyardes et le génépi qui nous rend un peu plus intrépides…
Nous avons du pain sur la planche, et 2007 promet d’être chargé si nous voulons que 2008 soit l’année du prochain défi.
(crédit photo : Yvan Zedda)

05-01-2007
Bloavezh mat 2007 !
Non, ce ne sont pas les reliefs immortalisés des fêtes de fin d'année qui ornent la photo de droite, mais juste quelques souvenirs impérissables déposés sur nos plages bretonnes après le passage des dépressions hivernales !
Comme quoi les années changent et le temps file inexorablement porté par nos rêves, mais nos gestes et nos attitudes restent quant à eux similaires à ce qu'ils étaient les années précédentes : destructeurs !
Les bouteilles de plastique et autres déchets décorent nos côtes de magnifiques couleurs bariolées, mais c'est normal, Noël n'est pas très loin me direz-vous et les ornements sont d'actualité !
De toute façon qui se soucie de nos plages au mois de janvier ? La saison touristique est encore loin et si les prochaines grandes marées ne se chargent pas de convoyer ces horreurs sur d'autres rives, dès le mois de juin, les pelleteuses les enfouieront sous quelques mètres de sable afin les vacanciers puissent tranquillement poser leurs serviettes sur ce tas d'immondices dès les premiers beaux jours !
Voilà, c'était mon coup de gueule... Il ne changera pas grand chose pour l'année qui débute tout juste, mais après tout, l'espoir fait vivre ?!?
Tous mes voeux de bonheur, de santé, de rêves fous et de projets audacieux pour 2007, et les nombreuses autres années à venir !